The Japan Times - Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares

EUR -
AED 4.189911
AFN 75.298255
ALL 93.679245
AMD 417.484678
ANG 2.042484
AOA 1046.765493
ARS 1677.634262
AUD 1.633715
AWG 2.053599
AZN 1.955334
BAM 1.954315
BBD 2.297585
BDT 140.623173
BGN 1.959485
BHD 0.430181
BIF 3403.359312
BMD 1.140888
BND 1.474106
BOB 7.899321
BRL 5.796966
BSD 1.140748
BTN 109.74611
BWP 15.4913
BYN 3.289644
BYR 22361.410677
BZD 2.294297
CAD 1.605384
CDF 2578.407608
CHF 0.925534
CLF 0.026839
CLP 1056.291592
CNY 7.72467
CNH 7.730288
COP 3720.744786
CRC 517.913365
CUC 1.140888
CUP 30.23354
CVE 110.181298
CZK 24.232583
DJF 203.138352
DKK 7.475477
DOP 66.630259
DZD 151.972152
EGP 57.708186
ERN 17.113324
ETB 184.121656
FJD 2.539903
FKP 0.852586
GBP 0.851097
GEL 2.989658
GGP 0.852586
GHS 13.135252
GIP 0.852586
GMD 83.877676
GNF 10004.399944
GTQ 8.702427
GYD 238.661833
HKD 8.943366
HNL 30.549194
HRK 7.531455
HTG 149.098694
HUF 359.590916
IDR 20618.760843
ILS 3.423916
IMP 0.852586
INR 109.938677
IQD 1494.384407
IRR 1568864.023842
ISK 143.387447
JEP 0.852586
JMD 180.812642
JOD 0.808917
JPY 185.256302
KES 147.397806
KGS 99.770241
KHR 4609.579042
KMF 491.722757
KPW 1026.799547
KRW 1702.296109
KWD 0.353276
KYD 0.950582
KZT 537.198968
LAK 25787.861766
LBP 102153.387766
LKR 383.570294
LRD 207.043622
LSL 18.691383
LTL 3.368746
LVL 0.690111
LYD 7.308448
MAD 10.64975
MDL 20.053854
MGA 4850.400318
MKD 61.618705
MMK 2395.179593
MNT 4091.895325
MOP 9.210843
MRU 45.58397
MUR 53.759163
MVR 17.626893
MWK 1978.006034
MXN 19.884662
MYR 4.652771
MZN 72.90778
NAD 18.691546
NGN 1575.21324
NIO 41.97811
NOK 11.095236
NPR 175.594914
NZD 1.961084
OMR 0.438675
PAB 1.140753
PEN 3.882251
PGK 5.022229
PHP 70.377942
PKR 317.039023
PLN 4.32598
PYG 6918.744028
QAR 4.158741
RON 5.241582
RSD 117.400815
RUB 89.212367
RWF 1678.032601
SAR 4.285137
SBD 9.201311
SCR 15.197783
SDG 685.108056
SEK 11.046166
SGD 1.474154
SHP 0.851788
SLE 27.826559
SLL 23923.865584
SOS 651.916186
SRD 42.925358
STD 23614.084362
STN 24.481724
SVC 9.981417
SYP 126.104777
SZL 18.688049
THB 38.388558
TJS 10.517548
TMT 3.993109
TND 3.375536
TOP 2.746985
TRY 53.658296
TTD 7.74322
TWD 36.758739
TZS 3006.244117
UAH 51.055362
UGX 4214.853512
USD 1.140888
UYU 45.90573
UZS 13788.706404
VES 824.969769
VND 29954.592756
VUV 137.250325
WST 3.153373
XAF 655.470548
XAG 0.019631
XAU 0.000282
XCD 3.083307
XCG 2.055847
XDR 0.814026
XOF 655.459067
XPF 119.331742
YER 270.561402
ZAR 18.68891
ZMK 10269.361721
ZMW 20.778579
ZWL 367.365567
  • AEX

    9.4800

    1099.29

    +0.87%

  • BEL20

    14.6100

    5632.95

    +0.26%

  • PX1

    20.9200

    8388.06

    +0.25%

  • ISEQ

    111.4300

    13868.33

    +0.81%

  • OSEBX

    0.7900

    1965

    +0.04%

  • PSI20

    13.6900

    9140.6

    +0.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    0.4400

    4421.87

    +0.01%

  • N150

    15.6200

    4237.34

    +0.37%

Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares
Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares / Photo: Tony KARUMBA - AFP

Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares

Près de la côte kényane, cinq petits villages et une forêt se retrouvent malgré eux au coeur d'un jeu géostratégique global, impliquant notamment Chine et Etats-Unis, le sol sur lequel ils s'enracinent regorgeant de terres rares.

Taille du texte:

Mrima hill, jolie colline boisée située près de la frontière tanzanienne, voit depuis quelques temps les visiteurs étrangers se succéder. Car d'importantes réserves, notamment de niobium, un minerai utilisé pour renforcer l'acier, s'y trouvent.

Le site est petit: environ 3,6 km2 au total. Mais le gisement sur lequel il repose a été évalué en 2013 à 62,4 milliards de dollars (environ 47 milliards d'euros d'alors) par Cortec mining Kenya, une filiale de sociétés anglaises et de l'entreprise canadienne Pacific Wildcat Resources.

Alors que la compétition s'accélère globalement pour l'accès aux terres rares, l'ex-ambassadeur par intérim des Etats-Unis au Kenya, Marc Dillard, s'est donc rendu sur place en juin, selon plusieurs villageois interrogés par l'AFP, ce qu'a confirmé la représentation diplomatique américaine à Nairobi.

Washington fait de la sécurisation des minerais critiques un élément central de sa diplomatie en Afrique, espérant concurrencer le quasi-monopole de la Chine dans ce secteur stratégique.

La Maison Blanche se félicite notamment d'être parvenue à un accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo -un pays extrêmement riche en ressources minières, même si les violences perdurent dans l'est.

- "Grosses voitures" -

Peu avant la venue du représentant américain, un consortium australien avait fait en avril une offre pour exploiter les terres rares. Des ressortissants chinois ont également récemment tenté de visiter les lieux, où les spéculateurs fonciers affluent, affirme Juma Koja, un gardien de la communauté.

"Les gens viennent ici dans de grosses voitures (...), mais nous les refoulons", assure-t-il à l'AFP, dont une équipe a dans un premier temps également été interdite d'accès à la forêt. "Je ne veux pas que mon peuple soit exploité", justifie-t-il.

Le gardien craint des dommages environnementaux irréversibles, notamment la perte d'arbres indigènes uniques comme la grande orchidée, déjà menacée alors que l'exploitation minière n'a pas encore débuté. "Dans mon coeur, je pleure" à cette pensée, confie-t-il.

La forêt luxuriante, riche en plantes médicinales, abrite en outre des sanctuaires sacrés et assure depuis longtemps la subsistance de la population, bien que plus de la moitié de celle-ci vive aujourd'hui dans une pauvreté extrême, selon des données gouvernementales.

La communauté locale s'inquiète surtout d'être expulsée du fait de l'exploitation du niobium dont elle ne toucherait rien. "Où nous emmèneront-ils?", angoisse Mohammed Riko, 64 ans, vice-président de l'Association communautaire de la forêt de Mrima Hill. "Mrima est notre vie."

Le Kenya a imposé en 2019 une interdiction nationale sur les nouvelles licences minières en raison de préoccupations concernant la corruption et la dégradation de l'environnement, interdiction qu'il a progressivement assouplie depuis.

La Chine limitant de plus en plus ses propres exportations de terres rares, Nairobi voit désormais des opportunités à saisir.

- "Mourir pauvres" -

Le ministère des Mines kényan a annoncé cette année des "réformes audacieuses", notamment des allégements fiscaux et une transparence accrue des licences, visant à attirer les investisseurs et à faire passer le secteur de 0,8% du PIB à 10% d'ici 2030.

Mais le Kenya manque de données précises sur ses sols, estime Daniel Weru Ichang'i, professeur retraité de géologie économique à l'Université de Nairobi.

"Il existe une vue romantique des mines, qui sont perçues comme un secteur où l'on fait de l'argent facilement. Il faut que nous redescendions sur terre", observe-t-il.

Le corruption, très répandue au Kenya, "rend moins attractif ce secteur, déjà à très haut risque" pour d'éventuels investisseurs, poursuit Daniel Weru Ichang'i.

En 2013, le Kenya avait révoqué la licence minière accordée à Cortec Mining Kenya, invoquant des irrégularités environnementales et de licence. L'entreprise affirme de son côté s'être vue sanctionnée pour avoir refusé de payer un pot-de-vin au ministre des Mines de l'époque, ce que celui-ci nie. Elle a perdu son recours devant un tribunal international.

Domitilla Mueni, trésorière de l'Association de Mrima Hill, espère malgré tout d'importantes retombées. Elle-même a planté des arbres sur son terrain et l'a cultivé — afin de maximiser les profits au cas où des entreprises minières voudraient le racheter.

Et de s'interroger: "Pourquoi devrions-nous mourir pauvres alors que nous avons des minerais?"

H.Nakamura--JT