The Japan Times - Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel

EUR -
AED 4.280149
AFN 74.589844
ALL 96.103506
AMD 438.585722
AOA 1068.726117
ARS 1616.513306
AUD 1.657319
AWG 2.097827
AZN 1.983098
BAM 1.948627
BBD 2.345864
BDT 143.136316
BHD 0.439917
BIF 3461.997697
BMD 1.16546
BND 1.484789
BOB 8.047924
BRL 5.944664
BSD 1.164663
BTN 107.526089
BWP 15.626602
BYN 3.399583
BYR 22843.007863
BZD 2.342466
CAD 1.614616
CDF 2681.722235
CHF 0.92273
CLF 0.026584
CLP 1046.268001
CNY 7.960205
CNH 7.968084
COP 4250.489379
CRC 541.782289
CUC 1.16546
CUP 30.884679
CVE 110.54355
CZK 24.392545
DJF 207.125263
DKK 7.472682
DOP 70.68518
DZD 154.38958
EGP 62.072847
ERN 17.481894
ETB 181.374636
FJD 2.58138
FKP 0.880192
GBP 0.870523
GEL 3.129258
GGP 0.880192
GHS 12.837525
GIP 0.880192
GMD 85.078271
GNF 10232.735437
GTQ 8.910199
GYD 243.673554
HKD 9.128678
HNL 31.024569
HRK 7.531231
HTG 152.690693
HUF 376.849607
IDR 19830.469655
ILS 3.599359
IMP 0.880192
INR 107.551815
IQD 1526.752056
IRR 1532579.354174
ISK 143.806194
JEP 0.880192
JMD 183.34505
JOD 0.826285
JPY 184.993987
KES 150.808729
KGS 101.919296
KHR 4678.154599
KMF 494.732249
KPW 1048.900686
KRW 1729.46006
KWD 0.360372
KYD 0.970573
KZT 556.853329
LAK 25596.40882
LBP 104366.905999
LKR 367.128487
LRD 214.669545
LSL 19.364124
LTL 3.441299
LVL 0.704975
LYD 7.394846
MAD 10.844557
MDL 20.056049
MGA 4822.085966
MKD 61.616474
MMK 2447.472605
MNT 4162.53503
MOP 9.396624
MRU 46.738365
MUR 54.216779
MVR 18.018145
MWK 2024.403485
MXN 20.350661
MYR 4.644315
MZN 74.542802
NAD 19.358408
NGN 1607.145284
NIO 42.807425
NOK 11.16251
NPR 172.044485
NZD 2.002525
OMR 0.448107
PAB 1.164653
PEN 3.966933
PGK 5.022999
PHP 69.382167
PKR 325.163388
PLN 4.255235
PYG 7555.187033
QAR 4.249279
RON 5.093409
RSD 117.34427
RUB 91.552352
RWF 1702.153724
SAR 4.373528
SBD 9.380213
SCR 17.342188
SDG 700.441569
SEK 10.871477
SGD 1.486308
SLE 28.728239
SOS 666.061467
SRD 43.767645
STD 24122.660353
STN 24.987453
SVC 10.191482
SYP 128.840806
SZL 19.36408
THB 37.434205
TJS 11.070424
TMT 4.079109
TND 3.370556
TRY 51.853042
TTD 7.89958
TWD 36.986328
TZS 3015.627307
UAH 50.473474
UGX 4308.934142
USD 1.16546
UYU 47.315816
UZS 14253.571085
VES 552.913721
VND 30689.464518
VUV 139.180276
WST 3.229387
XAF 653.514763
XAG 0.015846
XAU 0.000248
XCD 3.149713
XCG 2.099109
XDR 0.814629
XOF 657.319107
XPF 119.331742
YER 278.049524
ZAR 19.164992
ZMK 10490.533013
ZMW 22.274853
ZWL 375.277511
  • AEX

    31.3000

    1003.2

    +3.22%

  • BEL20

    185.3800

    5392.71

    +3.56%

  • PX1

    355.1000

    8263.87

    +4.49%

  • ISEQ

    753.2700

    12844.24

    +6.23%

  • OSEBX

    -57.6300

    2022.97

    -2.77%

  • PSI20

    83.3600

    9450.19

    +0.89%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    104.7200

    3926.73

    +2.74%

  • N150

    108.7500

    4048.95

    +2.76%

Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel
Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel / Photo: JOHN WESSELS - AFP/Archives

Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel

Le massacre par l'armée française en 1944 au Sénégal de tirailleurs africains qui réclamaient leurs soldes a été "prémédité" et "camouflé", et son bilan est sans doute largement sous-estimé, dénonce un Livre blanc remis jeudi au président sénégalais, dont l'AFP a obtenu une copie en exclusivité.

Taille du texte:

Au matin du 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye, ville située non loin de la capitale sénégalaise Dakar, des troupes coloniales et des gendarmes français avaient tiré sur ordre d'officiers de l'armée française sur des tirailleurs rapatriés après avoir combattu pour l'armée française en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale.

Ces tirailleurs originaires de plusieurs pays ouest-africains (Sénégal, Côte d'Ivoire, Guinée, Haute-Volta - devenue aujourd'hui le Burkina Faso) réclamaient le paiement d'arriérés de soldes avant de rentrer chez eux.

Le traumatisme lié à leur massacre est toujours vif au Sénégal et dans les autres pays concernés.

La tuerie "devait convaincre que l'ordre colonial ne pouvait être écorné par les effets émancipateurs de la (Seconde) guerre" mondiale sur les colonisés, affirme le comité de chercheurs auteurs de ce Livre blanc. C'est "la raison pour laquelle l'opération a été préméditée, minutieusement programmée et exécutée (...) dans des actions coordonnées."

"Dans les jours qui ont suivi le massacre, les autorités françaises ont tout fait pour (le) camoufler, elles ont modifié les registres de départ de Morlaix (port de départ en France) et d'arrivée à Dakar, le nombre de soldats présents à Thiaroye, les causes du rassemblement des tirailleurs...", affirme le rapport.

Selon le bilan des autorités coloniales françaises à l'époque, au moins 35 tirailleurs avaient été tués par des troupes coloniales et des gendarmes français lors de ce massacre dans le camp de Thiaroye où ils étaient rassemblés.

Un bilan sans doute très largement sous-estimé, affirment ces chercheurs, pour qui les "estimations les plus crédibles avancent les chiffres de 300 à 400" morts.

- "Traces de violence" -

Au cours de fouilles archéologiques sans précédent ordonnées par l’État sénégalais et effectuées depuis début mai, des squelettes humains avec des balles dans le corps dans le cimetière de Thiaroye ont été retrouvés.

Le "Comité de commémoration du massacre des tirailleurs sénégalais", dont font partie les chercheurs auteurs du rapport, a tenu vendredi une conférence de presse à Dakar.

Les chercheurs ont précisé que certains squelettes, présentant des "insignes militaires", "portent des traces de violences faites avec différentes armes".

En avril 2024, les autorités sénégalaises, qui se réclament du souverainisme, avaient mis en place ce comité de chercheurs.

Le corps français des "Tirailleurs sénégalais", créé sous le Second Empire français (1852-1870) et dissous dans les années 1960, rassemblait des militaires des anciennes colonies françaises d'Afrique, notamment des Sénégalais, des Soudanais (actuels Maliens), des Voltaïques (aujourd'hui Burkinabè) et des Ivoiriens.

Le terme de "tirailleur sénégalais" a fini par désigner l'ensemble des soldats d'Afrique qui se battaient sous le drapeau français. Ils ont participé aux deux Guerres mondiales et aux guerres de décolonisation.

- "Travail de mémoire" -

Pour l'historien sénégalais Mamadou Diouf, président du comité, "il y a eu autour de Thiaroye une entreprise délibérée française de la dissimulation, de la manipulation de l'information et surtout du refus de raconter l'Histoire", a-t-il dénoncé vendredi.

Il a souligné que les tirailleurs rassemblés au camp de Thiaroye s'étaient battus pour le paiement de leurs soldes mais aussi "pour leur dignité", "pour qu'on les respecte et qu'on les traite comme les soldats français".

Les quelque 1.300 tirailleurs rassemblés au camp de Thiaroye - d'ex-prisonniers de guerre des Allemands qui avaient participé aux combats de 1940 - avaient embarqué en France début novembre 1944 pour être renvoyés en bateau à Dakar.

Après leur arrivée au camp plus de deux semaines plus tard, ils se révoltent contre le retard du paiement de leurs arriérés de soldes, plusieurs refusant de rentrer dans leurs pays et foyers sans être payés.

Ces chercheurs ont critiqué le fait que la liste des noms de ces 1.300 tirailleurs ne leur a jamais été communiquée. "Les Français disent que cette liste n'existe pas", a déploré M. Diouf, qui regrette que des dossiers d'archives "ne soient toujours pas accessibles".

Réagissant vendredi à la publication de ce Livre blanc, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, qui se trouve actuellement au Forum Création Afrique à Lagos, a indiqué à des médias que les autorités françaises allaient "prendre connaissance de ce rapport".

"Nous nous tenons prêts à coopérer avec le Sénégal (...) pour que les travaux de recherche puissent éclairer ce qui s'est passé ce jour-là", a-t-il déclaré.

"La France ne détourne pas les yeux de sa propre histoire et a engagé avec le Sénégal, mais aussi avec un certain nombre d'autres pays africains, un travail de mémoire", a-t-il poursuivi.

S.Yamamoto--JT