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Alerte à Malibu, et bien au-delà: en Californie, les canicules à répétition poussent de nombreux Américains vers les plages, mais beaucoup de baigneurs frisent la noyade à cause des fortes houles déferlant sur la côte.
Le week-end dernier, les maîtres-nageurs du comté de Los Angeles ont réalisé 1.950 sauvetages, un record historique.
Des chiffres "stupéfiants", confie à l'AFP le capitaine Pono Barnes, sur la plage de Manhattan Beach. "Pour mettre cela en perspective, lors d'un week-end d'été très fréquenté, on compte généralement environ 300 sauvetages, voire 500 dans les cas les plus extrêmes."
Depuis le début du mois de juillet, la Californie souffre de vagues de chaleur à répétition. Le mercure oscille régulièrement entre 30 et 35 degrés à Los Angeles, pendant que l'intérieur des terres suffoque parfois sous plus de 40°C.
Pas de quoi battre des records, mais la chaleur est anormalement humide et plus difficile à supporter, à cause de la canicule marine qui frappe l'océan Pacifique depuis six mois.
Résultat, les Californiens se ruent sur les plages pour se rafraîchir, au plus mauvais moment: de fortes houles tropicales, créées par les ouragans Elida, Fausto et Geneviève au large du Mexique, frappent les côtes depuis deux semaines.
Sur de nombreuses plages, les vagues avoisinent les deux mètres. Un rêve pour les surfeurs, qui peut rapidement virer au cauchemar pour certains baigneurs, happés par les forts courants.
- "Très éprouvant" -
Samedi dernier, Maximus Oberto a réalisé trente sauvetages à lui seul.
"C'était probablement la journée la plus chargée de toute ma carrière de sauveteur", raconte le maître-nageur de 24 ans.
"Ça n'a pratiquement pas cessé du lever au coucher du soleil", insiste-t-il dans son short rouge. "Physiquement, c'était très éprouvant. J'étais un peu fatigué, mais j'ai continué à tenir le coup."
Ce week-end, un nouveau dôme de chaleur promet de faire transpirer encore des millions de personnes dans l'Ouest américain, de l'Utah à la Californie, en passant par l'Arizona et le Nevada.
Avec une forte houle prévue jusqu'à samedi soir, les sauveteurs s'attendent donc à un nouveau week-end dangereux.
Mais pas question pour eux d'interdire la baignade.
"Venez à la plage, c'est l'esprit de Los Angeles", exhorte le capitaine Barnes. "Mais quand vous venez, veillez à votre sécurité. Nagez près d'une tour de surveillance ouverte, renseignez-vous auprès du maître-nageur sur les conditions actuelles de la mer et les dangers présents dans cette zone."
- Risque d'incendies -
Après des semaines de températures élevées, la nouvelle canicule attendue ce week-end fait aussi craindre un regain du risque d'incendies.
Les autorités ont pré-positionné des pompiers dans plusieurs comtés du sud et du centre de l'Etat, a annoncé vendredi le gouverneur démocrate, Gavin Newsom.
"Je m'attends à une forte recrudescence des incendies en Californie", a averti cette semaine Daniel Swain, spécialiste des événements extrêmes à l'université UCLA. "Pendant cette vague de chaleur, nous allons voir des paysages beaucoup plus inflammables dans le nord de la Sierra (Nevada), dans les montagnes du nord, ainsi que dans les montagnes du sud de la Californie."
S'il se concrétise, ce scénario aggraverait une situation déjà inquiétante dans l'Ouest américain.
Des milliers de pompiers sont actuellement mobilisés sur plus d'une quarantaine de grands feux dans les Etats voisins de Washington et de l'Oregon.
La situation est particulièrement alarmante en Oregon, bien parti pour vivre sa pire saison des incendies.
Les flammes, souvent déclenchées par la foudre, y ont ravagé plus de 405.000 hectares ces deux dernières semaines, et provoqué l'évacuation de quelques milliers d'habitants de zones rurales.
Aucune grande ville n'est menacée et ces incendies ne font pas la une des médias nationaux aux Etats-Unis, contrairement aux mégafeux qui touchent actuellement la France et l'Espagne.
Mais dans la réserve amérindienne de Warm Springs, qui a du mal à loger ses habitants et où six maisons ont été détruites cette semaine, cela reste un désastre, selon le chef Edward Henderson.
"Nous sommes déjà à court de logements, chaque maison perdue représente donc une perte énorme", a-t-il confié à la chaîne de télé locale KOIN6. "Certaines de ces maisons abritent plusieurs générations, (...) on parle de la famille, des enfants et des petits-enfants."
S.Fujimoto--JT