The Japan Times - D'abord la pollution et maintenant les inondations, pas de répit pour les Pakistanais

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D'abord la pollution et maintenant les inondations, pas de répit pour les Pakistanais
D'abord la pollution et maintenant les inondations, pas de répit pour les Pakistanais / Photo: Aamir QURESHI - AFP

D'abord la pollution et maintenant les inondations, pas de répit pour les Pakistanais

Perchée sur le toit de son voisin, Ghulam Bano observe les ruines de sa maison, submergée par les eaux brunes qui ont recouvert le Pendjab, un nouveau désastre pour cette Pakistanaise dont la famille ne se remet toujours pas d'une autre calamité, la pollution atmosphérique.

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Cela faisait moins d'un an qu'ils vivaient dans cette habitation dans un village à une demi heure de route de Lahore, la grande cité de l'Est frontalier de l'Inde.

Ils étaient venus ici, à Shahdara, pour échapper au smog, cet épais brouillard de pollution qui enveloppe la deuxième ville du pays chaque hiver, mais c'est la mousson estivale qui les a frappés.

Ces derniers jours, trois des fleuves du Pendjab, le grenier à blé du pays où vivent près de la moitié des 255 millions de Pakistanais, sont sortis de leur lit à cause des pluies de mousson.

- Un repas en deux jours -

"Je pensais que le smog était une vraie catastrophe, je n'aurais jamais imaginé que la situation puisse être pire encore avec les inondations", dit-elle à l'AFP.

"Mon mari avait commencé à cracher du sang et son état ne cessait d'empirer avec le smog", raconte-t-elle, en marchant dans les rues boueuses, alors que le Pakistan a connu l'hiver passé sa pire saison de smog.

Son village qui compte des milliers de maisons basses entassées les unes contre les autres dans des rues étroites a été surpris par une crue subite du fleuve Ravi.

Comme elle, 260.000 Pendjabis ont été évacués par les autorités, quittant leur maison pour échapper à la montée des eaux.

Dans ce village, des dizaines de familles ont trouvé refuge dans une école primaire située en hauteur, où des médecins traitent déjà de nombreuses infections cutanées liées aux eaux nauséabondes et infestées d'insectes.

Et, préviennent les autorités, de nouvelles pluies sont attendues ce weekend à Lahore.

Son mari étant cloué au lit par une tuberculose aggravée, Ghulam Bano est désormais seule à travailler pour la famille.

"Aujourd'hui, j'ai réussi à trouver quelque chose à manger pour la première fois depuis deux jours. Ici, il n'y a pas d'eau potable. J'ai laissé ma fille chez des proches et je suis restée dans l'espoir que l'eau se retire", raconte-t-elle.

Plus de 800 décès ont déjà été comptabilisés depuis la fin juin dans différents épisodes de pluies de mousson, principalement dans le nord-ouest frontalier de l'Afghanistan.

- "Pire à venir"? -

Car c'est le paradoxe de la mousson: elle apporte à l'Asie du Sud 70% de ses précipitations annuelles et est vitale pour l'agriculture, mais elle tue aussi hommes et bêtes, alors que le changement climatique rend ces épisodes de plus en plus imprévisibles et meurtriers.

Selon l'Autorité nationale de gestion des catastrophes, les dernières pluies de mousson ont fait au moins 13 morts.

"Ca ne s'arrête jamais", se désole Amir Mehmood, commerçant de 32 ans à Shahdara.

"Les enfants tombent malades à cause du smog et du froid extrême. Certains à cause du manque déplorable d'hygiène au quotidien", raconte-t-il en montrant les ordures qui jonchent les rues du village.

"Et maintenant, les inondations! Nos maisons se sont effondrées, les murs se sont affaissés et tout est abîmé", relate-t-il.

Au moment où l'eau se rapprochait dangereusement, il a emmené sa famille mais aussi ses dix vaches et ses deux chèvres, chez un parent à l'autre bout du village.

Plus de 300 points d'accueil ont été ouverts dans toute la province pour héberger les déplacés qui n'auraient aucune famille vers qui se tourner.

"Nous ne savons pas quand nous pourrons rentrer chez nous, mais le pire est encore à venir", craint Tabassoum Souleman, une veuve de 40 ans, qui a trouvé refuge dans une école.

"Toutes les femmes qui sont ici ont pris leurs jambes à leur cou pour échapper à la mort", raconte-t-elle. "Nous n'avons même pas eu le temps de prendre des vêtements pour nos enfants".

Y.Ishikawa--JT