The Japan Times - La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

EUR -
AED 4.215497
AFN 73.462725
ALL 95.928008
AMD 435.38919
ANG 2.054756
AOA 1052.582784
ARS 1600.600423
AUD 1.630858
AWG 2.066139
AZN 1.945141
BAM 1.955979
BBD 2.326279
BDT 141.692979
BGN 1.962039
BHD 0.433553
BIF 3424.584958
BMD 1.147855
BND 1.474824
BOB 7.980635
BRL 6.038896
BSD 1.155037
BTN 107.10294
BWP 15.663573
BYN 3.520513
BYR 22497.960723
BZD 2.322978
CAD 1.576946
CDF 2605.631197
CHF 0.911885
CLF 0.02664
CLP 1051.929343
CNY 7.889266
CNH 7.920711
COP 4256.327205
CRC 539.455155
CUC 1.147855
CUP 30.418161
CVE 110.287592
CZK 24.507399
DJF 205.680052
DKK 7.471418
DOP 69.830084
DZD 151.950765
EGP 59.967169
ERN 17.217827
ETB 180.34737
FJD 2.546861
FKP 0.861664
GBP 0.862998
GEL 3.116388
GGP 0.861664
GHS 12.590579
GIP 0.861664
GMD 84.940928
GNF 10122.911489
GTQ 8.846812
GYD 241.629498
HKD 8.990386
HNL 30.569792
HRK 7.539054
HTG 151.373537
HUF 392.265145
IDR 19474.510287
ILS 3.585463
IMP 0.861664
INR 107.020733
IQD 1512.909921
IRR 1509429.508194
ISK 143.4018
JEP 0.861664
JMD 181.352159
JOD 0.81381
JPY 182.55142
KES 148.475308
KGS 100.377518
KHR 4625.330309
KMF 491.281897
KPW 1033.055826
KRW 1721.811368
KWD 0.352093
KYD 0.962447
KZT 557.17297
LAK 24783.804292
LBP 103445.652394
LKR 359.638737
LRD 211.353296
LSL 19.279293
LTL 3.389317
LVL 0.694327
LYD 7.370152
MAD 10.808114
MDL 20.13788
MGA 4810.404492
MKD 61.670198
MMK 2410.196717
MNT 4116.027501
MOP 9.32411
MRU 46.099259
MUR 53.386504
MVR 17.745724
MWK 2002.784752
MXN 20.448655
MYR 4.521977
MZN 73.357263
NAD 19.279293
NGN 1564.446099
NIO 42.502224
NOK 10.991514
NPR 171.379291
NZD 1.974781
OMR 0.441344
PAB 1.154937
PEN 3.944161
PGK 4.983433
PHP 69.075658
PKR 322.652705
PLN 4.280128
PYG 7465.179606
QAR 4.19976
RON 5.097049
RSD 117.451962
RUB 98.721522
RWF 1685.984912
SAR 4.309636
SBD 9.23477
SCR 15.640114
SDG 689.861145
SEK 10.788909
SGD 1.472715
SHP 0.861189
SLE 28.295101
SLL 24069.960762
SOS 660.089851
SRD 42.901089
STD 23758.283866
STN 24.507049
SVC 10.105422
SYP 126.87101
SZL 19.284631
THB 37.748358
TJS 11.046763
TMT 4.017493
TND 3.398596
TOP 2.763759
TRY 50.873187
TTD 7.829149
TWD 36.694288
TZS 2981.553918
UAH 50.79373
UGX 4344.890054
USD 1.147855
UYU 46.769581
UZS 14083.885094
VES 517.617056
VND 30177.111603
VUV 137.063567
WST 3.136193
XAF 656.145717
XAG 0.016464
XAU 0.000248
XCD 3.102136
XCG 2.081445
XDR 0.816077
XOF 656.148576
XPF 119.331742
YER 273.84957
ZAR 19.355157
ZMK 10332.070799
ZMW 22.586595
ZWL 369.608886
  • AEX

    -23.9000

    976.09

    -2.39%

  • BEL20

    -103.6100

    5025.51

    -2.02%

  • PX1

    -159.3900

    7809.93

    -2%

  • ISEQ

    -357.5100

    12012.92

    -2.89%

  • OSEBX

    3.5800

    1989.76

    +0.18%

  • PSI20

    -190.9200

    8944.15

    -2.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.6400

    3699.3

    -2.34%

  • N150

    -74.8500

    3823.7

    -1.92%

La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique
La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

"Quand je vois du plastique, je vois de l'argent", confie Tarek Masmoudi, patron d'une des rares entreprises de recyclage de Tunisie, pays où les déchets sont majoritairement enfouis sans traitement et où les décharges arrivent à saturation.

Taille du texte:

Dans le pays maghrébin, la filière de recyclage est pratiquement inexistante. Les déchets sont envoyés dans des centres d'enfouissement techniques (CET) à 85% et le reste s'accumule dans des décharges sauvages, a indiqué à l'AFP Walim Merdaci, expert en gestion de déchets.

La majorité des 11 CET sont censés fermer en 2022, selon Wassim Chaabane, un autre spécialiste contacté en Allemagne.

A Agareb (centre-est), un homme de 35 ans est mort, asphyxié par les gaz lacrymogènes, mi-novembre, lors d'une manifestation contre la réouverture de la décharge qui dessert le million d'habitants de Sfax.

Dans le grand Tunis, où vivent plus de 2,7 millions de personnes, on risque des protestations similaires. L'immense décharge de Bordj Chakir reçoit plus 3.000 tonnes de déchets par jour et est remplie à ras bord.

Seulement 4 à 7% des déchets ménagers sont recyclés.

"Quand j'ai commencé en 2009, ce n'était pas aussi rentable" de recycler, raconte à l'AFP Tarek Masmoudi, patron de l'entreprise African Recycling, installée à M'Ghira, près de Tunis.

Depuis son ouverture en 2009, l'entreprise n'a cessé de grandir et valorise aujourd'hui 6.000 tonnes de déchets par an, dont 1.000 de plastique, explique l'industriel de 42 ans, la mine réjouie à sa descente d'un 4X4 de luxe.

- "Enterrer ce qui vaut une fortune" -

La tonne de déchets plastiques qu'il achetait il y a deux mois à 200 dinars tunisiens lui est désormais cédée à 300 dinars par ses fournisseurs dont des dizaines de "barbéchas" (chiffonniers tunisiens), cheville ouvrière de ce recyclage informel.

Dans un va et vient incessant, les Tuk Tuk des chiffonniers et des camions apportent des ballots qui sont pesés, triés, broyés puis transformés en copeaux ou granulés pour l'industrie.

"Le recyclage est un secteur où tout est à faire et qui peut être pourvoyeur d'emplois et de richesses en Tunisie", estime l'entrepreneur qui fait travailler une soixantaine de personnes en direct et plus de 200 en indirect.

Ses employés sont majoritairement des femmes qui, pour la plupart, "ont un époux au chômage et font vivre toute la famille", selon la superviseuse Chadlia Guesmi.

"L'Etat paye entre 150 et 200 dinars la tonne pour l'enfouissement. On dépense de l'argent pour enterrer ce qui vaut une fortune", peste Tarek Masmoudi, furieux du "manque de stratégie et de vision" des autorités.

- "On n'a plus le temps" -

"Le système de gestion des déchets en Tunisie est à côté de la plaque à tous les niveaux, particulièrement au niveau de la collecte", abonde M. Chaabane, tout en reconnaissant que mettre en place le tri sélectif prendrait des années.

L'Anged (agence nationale de gestion des déchets) qui constate elle-même un manque de moyens, de gestion et planification, a promis dans son dernier plan stratégique, une réduction des déchets pour les années à venir, ainsi que leur traitement.

Face à la saturation des décharges, la Tunisie a opté pour un traitement mécano-biologique (combinaison d'opérations mécaniques de tri et compactage avec le compostage et la méthanisation), explique M. Merdaci. Mais les premiers projets ne verront le jour que dans deux ans. "On n'a plus le temps", s'inquiète-t-il.

Selon lui, en outre, il y a un problème de financement du retraitement des déchets. "Seuls 25% des citoyens payent la taxe d'habitation incluant une taxe sur les déchets" qui plafonne au niveau dérisoire de 800 millimes (20 centimes EUR) par an, alors que chaque Tunisien produit au moins 365 kg de déchets annuellement.

"Il faut créer une taxe de gestion des déchets et faire payer à chacun la quantité qu'il produit", préconise M. Merdaci. Cela permettrait aux municipalités qui en ont la tutelle exclusive d'avoir des fonds pour la gestion des déchets.

"Le passage de l'enfouissement au traitement coûtera plus cher, mais on gagnera en termes d'environnement", explique-t-il.

Pour son confrère M. Chaabane, "il y a urgence" et "la meilleure solution pour les villes (pour traiter de grandes quantités, ndlr) serait l'incinération, avec des technologies propres".

Même si une telle option aurait, selon lui, un coût élevé: 250 millions d'euros par incinérateur, sans compter les coûts d'exploitation.

"On a eu 10 ans de perturbations politiques, 10 ans de non prise de décisions, on a un problème avec les riverains (pour enfouir des déchets), et on a un problème d'argent. Les indicateurs de réussite sont à zéro", résume désabusé M. Merdaci.

K.Yamaguchi--JT