The Japan Times - Inflation, frais de chauffage: l'hiver risque d'être rude pour les plus modestes

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Inflation, frais de chauffage: l'hiver risque d'être rude pour les plus modestes
Inflation, frais de chauffage: l'hiver risque d'être rude pour les plus modestes / Photo: Frederick FLORIN - AFP/Archives

Inflation, frais de chauffage: l'hiver risque d'être rude pour les plus modestes

Elise*, mère de trois enfants, a sollicité cet automne le Secours populaire pour la première fois de sa vie. A l'approche de l'hiver, les associations de lutte contre la pauvreté alertent sur l'afflux des appels des familles les plus modestes, au budget mis à mal par l'inflation.

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Pour cette habitante de Roubaix (Nord) âgée de 34 ans, le quotidien s'apparente à de "la survie", avec un budget mensuel d'environ 1.200 euros. "On se restreint, on tient, mais c'est de plus en plus dur", dit-elle à l'AFP.

Inquiète face à des factures qui augmentent, elle fait "tout (son) possible pour économiser": "Pour dormir, on a mis tous les matelas dans une pièce en bas, cela évite de chauffer ailleurs".

Samuel Coppens, porte-parole de l'Armée du Salut, explique nourrir de "vraies craintes". "Les gens rognent déjà de tous les côtés et il va y avoir en plus la question du chauffage" qui va peser sur les budgets, souligne-t-il auprès de l'AFP. "Nous essayons de nous mettre en ordre de bataille pour être en capacité d'accueillir un plus grand nombre de personnes" cet hiver.

Le gouvernement a mis en place cette année un "bouclier tarifaire" qui limite à 4% la hausse des prix de l'électricité. Mais la mesure est insuffisante pour les foyers aux budgets serrés, préviennent les associations.

Les prix à la consommation ont grimpé de 5,6% en septembre (contre 5,9% en août). La hausse pour les seuls produits alimentaires toutefois, à laquelle les ménages les plus modestes consacrent une part plus importante de leurs revenus, s'est accélérée sur un an: elle était de 7,9% en août, elle est passée à 9,9% en septembre.

Dans ce contexte, "encore plus de personnes risquent de mal ou de ne pas se chauffer", déclare auprès de l'AFP Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, qui demande une "très forte hausse" du chèque énergie.

- "Contraintes de revenir" -

Autre point d'inquiétude: le "bouclier tarifaire" sera moins protecteur l'an prochain, puisqu'il prévoit de limiter l'augmentation des tarifs de l'électricité et du gaz à 15%.

Jean Stellittano, secrétaire national du Secours populaire, anticipe "des régularisations très importantes sur les factures". "Cela va entraîner une onde de choc, il faut s'y préparer".

L'association constate une hausse de la fréquentation de ses points d'accueil: +15% dans les Alpes-Maritimes en août par rapport à l'été 2021, +14% en Haute-Garonne, +6% dans le Rhône etc.

"Ce sont surtout des familles, des travailleurs pauvres. Et parfois des personnes qui avaient quitté nos dispositifs et sont contraintes de revenir", décrit le responsable.

A Paris, l'association les Marmoulins de Ménil' reçoit elle aussi plus de sollicitations depuis la rentrée, selon son président, Yves Leccia. Les bénévoles récupèrent trois fois par semaine des invendus au marché de Rungis pour composer des paniers et les distribuer à des personnes aux revenus modestes, dans le 20e arrondissement (nord-est).

Face à la hausse de la fréquentation, "on demande aux gens de venir une seule fois par semaine", indique Yves Leccia à l'AFP.

Hayette, 58 ans, se rend régulièrement à ces distributions. Son salaire de gestionnaire et la "petite retraite" de son mari "ne suffisent pas" pour les dépenses du quotidien, explique-t-elle après avoir rangé dans son sac son panier du jour.

"L'électricité, le gaz, ça va être horrible. Je préfère ne pas y penser" pour "ne pas avoir mal au ventre", confie cette mère de trois enfants toujours à sa charge. "On vit au jour le jour et on verra".

Plus de 9 millions de personnes en France métropolitaine (14,6% de la population) vivent sous le seuil de pauvreté, soit moins de 1.102 euros par mois pour une personne seule et 2.314 euros pour un couple avec deux enfants, selon des données de l'Insee.

* le prénom a été modifié

T.Kobayashi--JT