AEX
8.0600
La forte demande en systèmes d'intelligence artificielle a dopé les résultats trimestriels du géant néerlandais des technologies ASML, qui a indiqué mercredi relever de nouveau ses perspectives de chiffre d'affaires pour 2026.
Basée dans le sud des Pays-Bas, ASML est un rouage essentiel de l'économie de la "tech" puisqu'il est le plus important fournisseur au monde de machines de photolithographie, qui permettent la fabrication des semi-conducteurs, base des composants électroniques qui alimentent de nombreux secteurs, des smartphones aux missiles, et qui sont cruciales pour alimenter l'IA.
Les investisseurs suivaient de près les résultats du secteur des composants électroniques, après plusieurs vagues de ventes massives, alimentées par la crainte d'un éclatement de la bulle de l'IA.
L'entreprise a affiché une hausse de son bénéfice net à 2,9 milliards d'euros au 2e trimestre 2026, soit plus de 26% par rapport aux 2,3 milliards du second trimestre 2025, et 5,8% par rapport au premier trimestre 2026 (2,76 milliards d'euros).
ASML a également revu à la hausse ses perspectives de chiffre d'affaires pour 2026, désormais comprises entre 43 et 45 milliards d'euros contre une fourchette de 36 à 40 milliards d'euros annoncée en avril.
"Les investissements continus dans le domaine de l'IA et les progrès constants des technologies d'IA stimulent la demande en puces logiques et mémoires de pointe, renforçant ainsi les perspectives de croissance du secteur des semi-conducteurs," a déclaré Christophe Fouquet, directeur général de l'entreprise, dans un communiqué.
"Nos prises de commandes sont restées extrêmement soutenues au cours du premier semestre", a-t-il poursuivi.
Fort de cette dynamique, M. Fouquet a également indiqué que l'entreprise prévoyait d'augmenter de 30% la capacité de production concernant deux de ses principales machines de fabrication de puces, une nouvelle augmentation de 30% étant envisageable en 2028.
Pour Kathleen Brooks directrice de recherche pour la plateforme d'investissements XTB, "cela laisse penser que l'essor de l'IA ne devrait pas ralentir de sitôt, puisque ASML occupe une place prépondérante dans la chaîne de production".
"Les signes indiquant que la demande restera forte au cours des deux prochaines années pourraient contribuer à apaiser les craintes quant à la pérennité de la dynamique de l'IA", a ajouté l’analyste.
Le titre ASML qui avait pris plus de 6% lors des premiers échanges à la Bourse d'Amsterdam, faisant franchir les 1.100 points à l'indice AEX pour la première fois, qui demeurait en hausse vers 12H00 GMT (+3%).
"Une demande continue"
Le chiffre d'affaires de l'équipementier s'est élevé à 9,33 milliards d'euros au second trimestre contre 7,7 milliards à la même période l'année dernière, soit un bond de 21,1%, et 8,77 milliards au premier trimestre 2026.
"Dans l'ensemble, je dirais que ce fut un trimestre très solide, tant du point de vue de la dynamique du marché que de celui de la mise en œuvre", a déclaré Roger Dassen, directeur financier.
ASML vise un chiffre d'affaires net compris entre 11 et 12 milliards d'euros pour le troisième trimestre de l'année.
Le géant technologique est par ailleurs au centre d'une initiative menée par les États-Unis visant à limiter les exportations de haute technologie vers la Chine, par crainte qu'elles ne soient utilisées pour renforcer l'armée chinoise.
Les États-Unis étudient en effet un projet de loi, le "MATCH Act" visant à interdire toutes les ventes d'ASML à la Chine. Si cette loi venait à être adoptée, une grande partie du chiffre d'affaires d'ASML pourrait disparaître.
Pékin s'est indigné de ces restrictions à l'exportation, les qualifiant de "terrorisme technologique".
ASML a prévenu que ses ventes en Chine baisseraient "considérablement" cette année et anticipe que la Chine représente environ 20% de son chiffre d'affaires en 2026.
Le mois dernier, l'entreprise a démenti des accusations américaines selon lesquelles l'une de ses machines de fabrication de puces les plus avancées avait été acheminée en Chine, violant potentiellement les contrôles à l'exportation.
ASML, qui compte environ 44.000 employés dans le monde, avait annoncé en janvier la suppression de près de 1.700 emplois, concernant principalement des cadres aux Pays-Bas et aux États-Unis.
Y.Ishikawa--JT