The Japan Times - A son procès, l'ostéopathe conteste les viols dont il est accusé

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A son procès, l'ostéopathe conteste les viols dont il est accusé
A son procès, l'ostéopathe conteste les viols dont il est accusé / Photo: Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP

A son procès, l'ostéopathe conteste les viols dont il est accusé

L'ostéopathe jugé à Strasbourg pour huit viols a présenté mardi à la cour criminelle du Bas-Rhin une "vérité" diamétralement opposée aux récits de ses patientes bouleversées.

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A la barre, Pierre Garitte, 37 ans, a nié avoir mis les doigts par surprise dans les parties intimes de ses patientes.

Il n'a reconnu qu'une pénétration, celle de Déborah (désignée, comme les autres parties civiles, par un prénom d'emprunt, afin de protéger son anonymat), mais affirmant que c'était elle qui avait conduit sa main vers son vagin. "J'ai merdé", a-t-il concédé.

Cette femme de 48 ans est la première patiente à avoir porté plainte contre lui pour viol, en septembre 2020.

Selon son récit, en 2017, après une séance lors de laquelle le praticien lui dit qu'elle a "un corps de femme violée" - des déclarations qu'il conteste - et approche sa main de sa culotte lors des manipulations, elle décide de ne plus le voir.

Mais début 2019, alors qu'elle souffre de vertiges douloureux, elle y retourne.

Il lui dit qu'il va travailler le bas du corps, et sans prévenir, la pénètre dans le vagin - une pratique formellement interdite pour les ostéopathes, même consentie.

"Ça dure, ça dure, pour moi ça a duré au moins 20 minutes, c'est extrêmement long", raconte-t-elle, pleurant à plusieurs reprises.

"Dans ma tête, j'ai tout qui passe : pourquoi tu pars pas en courant? J'avais juste envie de hurler +casse-toi, casse-toi+, j'y arrivais pas".

En fin de séance, il lui dit : "C'était l'âme de ta maman qui était coincée dans ton utérus, je viens de la libérer".

- "Tétanisée" -

Dans les sept autres cas de viol dont il est accusé, il a nié toute pénétration, parlant de "sensation" ou de "ressenti" de la part de ces patientes, âgées de 30 à 83 ans.

"J'ai toujours parlé, expliqué ce que j'allais faire", a-t-il martelé, à rebours de leurs déclarations.

Les huit femmes - l'une d'entre elles a été excusée pour raison médicale liée à son stress post-traumatique - ont souvent raconté le même mode opératoire.

Dans son cabinet d'Eschau, en banlieue sud de Strasbourg, le praticien les couvrait d'un plaid, leur faisait mettre une main sur la sienne, s'approchait de leurs parties intimes jusqu'à y glisser, par surprise et sans gants, un ou plusieurs doigts, en respirant fort.

Dans ce procès qui doit durer jusqu'au 10 juin, l'ancien ostéopathe est aussi accusé d'agressions sexuelles sur 23 patientes. Au total, il encourt une peine de 20 ans de réclusion.

"J'étais tétanisée", a dit Anna, 45 ans, qui a raconté avoir été pénétrée par l'ostéopathe devant son garçon de cinq ans, alors qu'elle lui avait demandé, deux séances plus tôt, de cesser d'approcher ses parties intimes.

"Avec mon fils, il parlait Pokémon pendant qu'il avait un doigt en moi", a-t-elle dit, en larmes.

- "Pas ma vérité" -

"Ce n'est pas ma vérité", a répondu l'accusé à propos de ce récit. Il a reconnu avoir été "maladroit" mais sans "volonté de nuire", livrant des récits des consultations souvent contradictoires avec ceux rapportés par les patientes.

"Ca fait quand même beaucoup de femmes qui se trompent sur ce qui s'est réellement passé au cours des séances", a relevé la présidente de la cour, Stéphanie Issenlor.

"Je pense que c'est quelqu'un de dangereux, parce qu'il ne se rend pas compte des conséquences de ses actes et de l'impact que ça peut avoir pour nous, les victimes", a dit une autre plaignante, Marion.

Lorsque l'avocate de Déborah, Anne-Sophie Wagnon-Horiot, lui demande si elle regrette d'avoir recommandé cet ostéopathe à trois de ses amies - dont deux sont partie civile au procès - elle fond en larmes.

"J'ai envie de dire non parce que ce n'est pas moi qui ai fait les actes, mais oui parce que j'aurais dû voir que c'était pas la bonne personne", dit-elle.

Quand la présidente questionne Pierre Garitte sur les conséquences de ses actes sur la vie de ses patientes, il répond : "J'entends. J'en prends note."

"Hier, M. Garitte se plaignait de ce qu'il vivait à travers ce procès", a lancé Anna. "J'ai envie de dire: nous, on subit, on n'a pas choisi cette situation. Lui, il l'a choisie."

Y.Ishikawa--JT