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Le groupe Club Med veut doubler de taille et faire passer le nombre de ses clients de 1,4 million à 2,6 millions d'ici à 2035, en ouvrant de nouveaux villages, a annoncé lundi à l'AFP son PDG, Stéphane Maquaire.
"C'est clairement un nouveau chapitre", a revendiqué le dirigeant, arrivé l'an dernier à la tête du groupe en remplacement de son dirigeant historique Henri Giscard d'Estaing, qui était parti sur fond de désaccord avec le propriétaire chinois de Club Med, Fosun.
Le pionnier des villages vacances, qui a réalisé depuis quelques années une nette montée en gamme, veut multiplier les sites: il a indiqué récemment viser 100 nouveaux villages d'ici à 2035, contre 61 aujourd'hui répartis dans 25 pays.
"C'est un objectif extrêmement ambitieux, sachant que nous sommes restés stables à 1,4 million de clients pendant dix ans", reconnaît le dirigeant, qui a enchaîné les visites dans les resorts du groupe depuis son arrivée.
Parvenir à cet objectif passera par "la conquête de nouveaux marchés, une accélération sur les marchés qui progressent bien et le développement dans un certain nombre de pays", énumère-t-il. Club Med entend en particulier "doubler, voire tripler" ses sites en Méditerranée pour répondre à une forte demande.
Le Club peut compter sur un marché en forte croissance: selon l'ONU tourisme, environ 1,5 milliard de touristes ont effectué un voyage à l'étranger en 2025. Il compte aussi sur l'émergence de populations à revenus plus élevés.
"D'une façon générale, quel que soit le secteur, une entreprise qui ne croît pas est une entreprise qui est morte à terme: la croissance est un levier extrêmement important", juge Stéphane Maquaire.
- "Ne pas laisser la place" -
"L'hospitalité est un secteur qui croît à deux chiffres dans le monde, et le all-inclusive (tout compris, NDLR) en particulier", ajoute-t-il.
Il explique vouloir capter une clientèle avide de nouveautés. Dès lors, ne pas être présent dans une région, "c'est donner l'occasion d'aller découvrir la concurrence", dit-il.
L'entreprise ouvre d'ailleurs cette année un village en Afrique du Sud et un autre à Bornéo, en Malaisie. "Il y a des attentes nouvelles, ou sportives, qu'on doit continuer à travailler", fait valoir le dirigeant.
En 2025, le groupe a continué de voir ses ventes progresser: il a fait état lundi d'un chiffre d'affaires en hausse de 4% à taux de change constants pour atteindre 2,2 milliards d'euros, avec une marge opérationnelle de quelque 9%, à l'instar de l'année précédente.
Parmi les principaux clients, son patron cite les Français - dont le nombre est resté stable - mais aussi les Brésiliens, les Canadiens ou encore les Australiens, en forte progression.
L'an dernier, la montagne a encore une fois progressé plus vite que les autres destinations, avec une croissance proche de 10%, contre environ 4% pour les villages soleil et 5% pour la gamme luxe de la marque (dite "Exclusive collection").
l'entreprise souhaite d'ailleurs se renforcer sur le segment montagne, qui représente 35% de son activité. Il va ainsi implanter un deuxième resort de ski en Italie, dont l'ouverture est prévue en 2028, ainsi qu'un deuxième centre au Canada, également attendu en 2028.
Autre piste: développer l'activité de la clientèle d'entreprise, soit 8% de son activité aujourd'hui. "Cela représente déjà 30% au Brésil, ce qui montre qu'on peut continuer à progresser sur cette clientèle particulière", analyse Stéphane Maquaire.
Interrogé sur la possibilité d'une entrée en Bourse du Club Med, hypothèse qu'il a évoquée dans la presse récemment, Stéphane Maquaire redit qu'il s'agit d'une "décision d'actionnaire": "Moi, je l'accompagnerai si elle doit intervenir. On n'en est pas encore là", assure-t-il.
Une telle opération représenterait un virage pour le groupe Fosun, qui avait fait sortir Club Med de la Bourse de Paris après son rachat en 2015, et s'était l'an dernier opposé au retour du groupe de clubs de vacances sur les places boursières.
Une introduction en Bourse "apporte aussi de la visibilité pour les investisseurs (...) Maintenant, franchement, on a plein de choses à faire déjà en interne. Faisons-les bien", répond Stéphane Maquaire.
T.Maeda--JT