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Ne pas confondre vitesse et précipitation: des eurodéputés ont exhorté mardi la Commission à ne pas accorder de "chèque en blanc" à la Hongrie et attendre des réformes concrètes du futur dirigeant Peter Magyar avant de débloquer des milliards d'euros de fonds gelés.
L'UE retient actuellement 18 milliards d'euros destinés à la Hongrie dans le cadre de différentes procédures. Elles concernent les droits des personnes LGBT+ et des demandeurs d'asile, les condition de passation des marchés publics ou des situations de conflits d'intérêt.
Quelques heures après la défaite dimanche de Viktor Orban aux élections hongroises, la Commission européenne a ouvert la voie à un déblocage rapide de ces fonds.
Sa présidente, Ursula von der Leyen, a promis de "travailler sans relâche" sur cette question, saluant les "engagements publics" de Peter Magyar en faveur de réformes durant la campagne.
"Les Hongrois méritent" ces fonds, a-t-elle insisté lors d'un point de presse.
Plusieurs élus très impliqués sur la situation en Hongrie sont toutefois sceptiques.
"Il n'est pas possible de libérer ces fonds immédiatement. Nous ne donnerons pas de chèque en blanc" à Budapest, a assuré mardi l'eurodéputé allemand Daniel Freund.
L'élu écologiste veut attendre la mise en place de "premières réformes", la "création d'une relation de confiance" avec le gouvernement Magyar pour avancer en ce sens. Et a dit lancer "un avertissement" à la Commission.
Dans un scénario similaire, l'UE, qui gelait des milliards d'euros à destination de la Pologne avait ainsi agi très vite, libérant ces fonds dès les premiers gages donnés par le gouvernement du Premier ministre proeuropéen Donald Tusk, en 2024.
C'était "une erreur", a estimé l'eurodéputé libéral allemand Moritz Körner, appelant à ne pas ne pas la répéter pour la Hongrie.
K.Nakajima--JT