The Japan Times - Nouvelles explosions à Téhéran, après les menaces iraniennes contre le commerce du pétrole

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Nouvelles explosions à Téhéran, après les menaces iraniennes contre le commerce du pétrole

Nouvelles explosions à Téhéran, après les menaces iraniennes contre le commerce du pétrole

De nouvelles explosions ont retenti à Téhéran mardi soir, après les menaces de Washington de faire subir à l'Iran les bombardements les plus intenses de cette guerre, qui menace aussi l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale.

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Les cibles visées n'étaient pas connues à ce stade mais ces déflagrations, survenues vers 20H30 (17H00 GMT) dans la capitale iranienne, ont été entendues à plusieurs kilomètres à la ronde et fait vibrer les vitres de l'appartement d'un journaliste de l'AFP habitant le nord de la ville.

Visé depuis onze jours par des bombardements américano-israéliens, l'Iran a lancé ses propres salves de missiles et drones vers Israël et des pays voisins, grands producteurs d'hydrocarbures abritant pour certains des bases des Etats-Unis.

Téhéran a juré de bloquer les exportations de pétrole du Moyen-Orient tant que le conflit se poursuivra, faisant de l'or noir un nerf de la guerre.

Depuis le début du conflit, le 28 février, les forces iraniennes frappent des infrastructures énergétiques des pays voisins. Elles ont entraîné lundi une envolée des cours du baril, avant une première baisse à la suite de propos ambigus du président américain sur la fin de la guerre.

- Chute des prix -

Les prix avaient accéléré leur chute après l'annonce - dans une publication sur X qui a finalement été supprimée - de l'escorte d'un premier pétrolier par la Marine américaine à travers le détroit d'Ormuz, par lequel passe en temps de paix un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Le risque pesant sur la production d'hydrocarbures a été illustré lundi par la fermeture, à cause d'une attaque de drones, de la raffinerie de Ruwais aux Emirats arabes unis, l'une des plus grandes au monde, selon une source proche du dossier.

Officiellement, aucune destruction n'a été annoncée.

Défiant l'appel américain à ne pas prendre en otage l'économie mondiale, Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pouvoir iranien, avait prévenu que les forces armées "n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi".

Si les cours du pétrole baissent, leur stabilisation dépendra d'un retour à la normale. Analyste pour Swissquote Bank, Ipek Ozkardeskaya a d'ailleurs jugé "rare que les marchés connaissent une telle volatilité".

"Il est absolument crucial que le transport maritime reprenne dans le détroit" d'Ormuz, a résumé le patron du géant saoudien des hydrocarbures Aramco, Amin Nasser.

En Europe, la fébrilité était de mise, la Commission européenne recommandant aux Etats pouvant se le permettre de baisser les taxes sur l'énergie pour en maîtriser les prix.

Mettant en garde contre une "guerre sans fin", le chancelier allemand, Friedrich Merz a déploré l’absence d'un "plan commun" américano-israélien en vue d'arrêter les hostilités.

L'Agence internationale de l'Energie a, elle, convoqué "une réunion extraordinaire" afin d'évaluer s'il était nécessaire de puiser dans des stocks stratégiques d'hydrocarbures pour éviter une envolée des prix. La réunion s'est achevée mardi sans annonce immédiate.

- Briser "les os" -

Washington ne donne aucun signe de modération. Au contraire, le ministre de la Défense Pete Hegseth avait annoncé que mardi sera "le jour le plus intense des frappes".

Dans la soirée, des explosions retentissaient dans Téhéran, sans que les cibles ne soient identifiées dans l'immédiat. Des médias iraniens avaient également fait état de frappes dans l'après-midi.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pour sa part promis de briser "les os" du pouvoir iranien.

Des habitants de Téhéran, interrogés par l'AFP, témoignent d'un quotidien fait de commerces aux rideaux baissés, d'écoles fermées, de même que la plupart des bureaux, banques et administrations. Les communications sont restreintes, seul l'intranet local fonctionnant et les contacts avec l'étranger restant quasiment impossibles.

Selon une habitante, il y aussi des "hommes armés dans les rues. A bord de gros véhicules. La seule chose qu'on voit d'eux, ce sont leurs yeux".

"Les gens sont calmes, ils s'habituent à vivre malgré tout et s'adaptent", commente un autre habitant.

- Guide absent et "blessé" -

Le pouvoir iranien affiche, lui, toujours la même détermination, à l'instar d'Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale qui a menacé Donald Trump sur X : "Faites attention à ne pas être éliminé vous-même!".

Quant au ministère du Renseignement, il a annoncé mardi l'arrestation de trente personnes pour espionnage présumé.

Cette détermination affichée s'ajoute à la désignation dimanche de l'ayatollah Mojtaba Khamenei comme guide suprême, après la mort de son père dans des frappes israélo-américaines au premier jour de la guerre.

Deux jours plus tard, l'héritier, dont l'épouse a aussi été tuée, n'a en revanche toujours pas été vu. Seule chose ayant filtré à la télévision d'État, le fait qu'il aurait été "blessé" dans le conflit en cours.

- "760.000 déplacés" -

Le Koweït et l'Arabie saoudite ont dit avoir abattu des drones, arme omniprésente dans le conflit. Bahreïn a déploré deux morts dans une frappe sur un immeuble résidentiel.

Enfin, l'armée israélienne a poursuivi sa campagne au Liban visant, selon elle, le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud et l'est du pays.

Elle a prévenu de frappes sur Tyr et Saïda (sud), appelant les habitants de plusieurs immeubles à évacuer leur logement.

Un scénario courant, notamment pour Beyrouth, dont la banlieue sud a été quasiment vidée de sa population et qui a été de nouveau frappée mardi.

Le gouvernement libanais a indiqué mardi que "près de 760.000 déplacés" ont été enregistrés depuis le 2 mars, début des combats entre Hezbollah et Israël.

burs/alf/am

T.Sasaki--JT