The Japan Times - Réchauffement: la biomasse de poissons amputée d'un quart d'ici 2100, selon l'Ifremer

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Réchauffement: la biomasse de poissons amputée d'un quart d'ici 2100, selon l'Ifremer
Réchauffement: la biomasse de poissons amputée d'un quart d'ici 2100, selon l'Ifremer / Photo: STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives

Réchauffement: la biomasse de poissons amputée d'un quart d'ici 2100, selon l'Ifremer

La biomasse de poissons pourrait être réduite d'un quart dans les eaux françaises d'ici à la fin du siècle sous l'effet du réchauffement climatique, souligne l'Ifremer dans un rapport publié mardi, qui appelle à réduire les captures.

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Ce rapport, qui fait la synthèse des connaissances sur l'impact du changement climatique sur les ressources halieutiques, souligne que la baisse estimée de biomasse au niveau mondial à l'horizon 2100 est comprise entre 10% et 30%, selon les scénarios climatiques.

En France, le changement climatique devrait provoquer des pertes moyennes de biomasse estimées entre 5 à 8% au milieu du siècle et jusqu’à -23 % à la fin du siècle pour un réchauffement à 4°C, selon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

Engendré par les émissions massives de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique s'accompagne d'une acidification et d'une désoxygénation des océans, des phénomènes qui perturbent le fonctionnement des écosystèmes marins, en diminuant la production de plancton (à la base de la chaîne alimentaire) mais aussi en altérant la physiologie, la croissance et la reproduction des poissons et en provoquant des migrations de certaines espèces vers le Nord, à la recherche d'eaux plus froides.

Face à ce constat, les chercheurs préconisent de revoir les objectifs de gestion des pêcheries, qui reposent actuellement sur le rendement maximum durable (RMD), un indicateur correspondant au niveau maximal de captures d'une population de poissons, sans compromettre sa capacité à se renouveler.

Le RMD, qui a permis, par le passé, de reconstituer plusieurs populations surexploitées, présente cependant l'inconvénient de mesurer l’impact de la pression de pêche dans des conditions relativement stables.

Or "le milieu (océanique) est à la fois plus variable et globalement moins sain et donc moins productif et moins nourricier" qu'auparavant, a souligné à l'AFP Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l'Ifremer. "Comme le risque et l'incertitude augmentent, il faut être un peu plus précautionneux et disposer d'une marge de manœuvre un peu plus grande", a-t-elle ajouté.

Les chercheurs préconisent ainsi de considérer le RMD actuel comme une limite plutôt que comme une cible et de viser des niveaux d’exploitation "un peu plus faibles", c'est-à-dire de pêcher moins.

"S'il n'y a pas de changement, on va aller vers une situation qui va continuer à se dégrader à cause des conditions environnementales qui changent", a estimé Mme Ulrich.

Les débarquements de poissons en France hexagonale ont atteint 306.000 tonnes en 2024, contre près de 500.000 tonnes au début des années 2000.

T.Shimizu--JT