The Japan Times - Un ramadan difficile pour des Tunisiens "épuisés" par la cherté de la vie

EUR -
AED 4.095102
AFN 72.480008
ALL 90.801688
AMD 402.807486
ANG 1.995737
AOA 1023.635334
ARS 1721.721299
AUD 1.61933
AWG 2.007127
AZN 1.900047
BAM 1.955836
BBD 2.250342
BDT 139.162586
BGN 1.948955
BHD 0.422108
BIF 3342.96213
BMD 1.115071
BND 1.431727
BOB 13.402249
BRL 6.138357
BSD 1.117321
BTN 104.873949
BWP 15.391286
BYN 3.345962
BYR 21855.38619
BZD 2.247142
CAD 1.573644
CDF 2586.964483
CHF 0.914162
CLF 0.027822
CLP 1094.980351
CNY 7.444774
CNH 7.438418
COP 3608.76707
CRC 506.709417
CUC 1.115071
CUP 26.815498
CVE 110.267049
CZK 24.346956
DJF 198.963698
DKK 7.480457
DOP 67.891262
DZD 151.940824
EGP 59.957114
ERN 16.726061
ETB 183.378708
FJD 2.526309
FKP 0.833961
GBP 0.834166
GEL 2.893653
GGP 0.833961
GHS 13.055243
GIP 0.833961
GMD 83.077063
GNF 9896.183924
GTQ 8.538159
GYD 234.234353
HKD 8.744429
HNL 30.029558
HRK 7.547925
HTG 146.432722
HUF 363.51345
IDR 20192.258205
ILS 3.552538
IMP 0.833961
INR 104.716854
IQD 1693.83148
IRR 2108992.359359
ISK 136.919964
JEP 0.833961
JMD 177.323296
JOD 0.790629
JPY 176.710877
KES 145.192698
KGS 97.510486
KHR 4552.084602
KMF 492.86165
KPW 1003.563608
KRW 1520.737678
KWD 0.346765
KYD 0.931217
KZT 500.809308
LAK 25136.46717
LBP 100053.859534
LKR 371.556906
LRD 189.94353
LSL 18.477643
LTL 3.292514
LVL 0.674496
LYD 7.150133
MAD 10.921803
MDL 19.971371
MGA 5077.094359
MKD 61.556144
MMK 2341.311039
MNT 4015.078679
MOP 9.019368
MRU 45.108838
MUR 52.442198
MVR 17.176258
MWK 1937.436008
MXN 20.766565
MYR 4.528864
MZN 71.257178
NAD 18.477643
NGN 1502.23485
NIO 41.120764
NOK 10.548462
NPR 167.798119
NZD 2.015128
OMR 0.428348
PAB 1.117421
PEN 3.848972
PGK 5.092095
PHP 70.369926
PKR 309.016043
PLN 4.399568
PYG 6984.129802
QAR 4.084276
RON 5.343646
RSD 117.622186
RUB 91.352798
RWF 1649.13065
SAR 4.188587
SBD 8.974739
SCR 15.358485
SDG 670.719139
SEK 11.033072
SGD 1.430306
SHP 0.835103
SLE 25.591287
SLL 23382.48045
SOS 638.511867
SRD 41.908265
STD 23079.712667
STN 24.500455
SVC 9.776182
SYP 14498.149201
SZL 18.471343
THB 37.411034
TJS 10.307092
TMT 3.902748
TND 3.343362
TOP 2.684822
TRY 55.9111
TTD 7.577141
TWD 36.546782
TZS 2952.454872
UAH 50.616941
UGX 4570.084937
USD 1.115071
UYU 44.950835
UZS 13332.247784
VES 999.456181
VND 28526.296796
VUV 133.25575
WST 3.108617
XAF 655.957
XAG 0.021465
XAU 0.000274244363
XCD 3.013535
XCG 2.013637
XDR 0.788413
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 263.853652
ZAR 18.420333
ZMK 10036.978597
ZMW 22.703422
ZWL 359.052318
SSP 6406.644798
MXV 2.33632
  • AEX

    -1.6800

    1118.52

    -0.15%

  • BEL20

    -9.6000

    5637.54

    -0.17%

  • PX1

    -36.9600

    7998.54

    -0.46%

  • ISEQ

    13.0500

    14517.8

    +0.09%

  • OSEBX

    -1.6600

    2073.83

    -0.08%

  • PSI20

    72.5000

    9738.69

    +0.75%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    9.8600

    4491.39

    +0.22%

  • N150

    -2.9600

    4224.74

    -0.07%

Un ramadan difficile pour des Tunisiens "épuisés" par la cherté de la vie
Un ramadan difficile pour des Tunisiens "épuisés" par la cherté de la vie / Photo: FETHI BELAID - AFP

Un ramadan difficile pour des Tunisiens "épuisés" par la cherté de la vie

"C'est la première fois que j'achète des fruits et légumes à la pièce", confie une retraitée faisant ses courses. Face à la cherté de la vie, des Tunisiens se serrent la ceinture pour le ramadan, mois de jeûne mais aussi de repas festifs nocturnes en famille.

Taille du texte:

Habituellement, les Tunisiens se préparent au mois sacré en s'approvisionnant en grandes quantités d'aliments de base, mais cette année, la flambée des prix, sur fond de récession et montée du chômage, affecte lourdement leur pouvoir d'achat.

"Je ne suis pas pauvre mais je n'y arrive plus! Ma pension ne me permet pas de couvrir mes besoins", confie à l'AFP Fayka, retraitée de 65 ans qui préfère taire son nom de famille, au marché Bab El Fellah, à Tunis, très fréquenté par les couches populaires.

Elle se prive désormais de viande rouge, dont le prix dépasse les 40 dinars (plus de 12 euros) le kilo dans un pays où le salaire moyen s'élève à 1.000 dinars mensuels (environ 300 euros).

"Aujourd'hui, je n'arrive qu'à acheter de la marchandise bas de gamme et en plus, à la pièce", déplore-t-elle. "La situation n'a jamais été aussi difficile et étouffante. Je dois faire la queue pour quelques produits (subventionnés par l'Etat, NDLR) et payer des factures excessives d'électricité et d'eau, parfois en retard", dit-elle.

Mohamed Doryi, vendeur de légumes de 69 ans, n'affiche plus ses prix pour éviter de faire fuir les clients. "A cette période par le passé, tu n'aurais pas pu mettre un pied dans le marché tellement il était bondé, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", dit-il.

La Tunisie, qui compte 12 millions d'habitants dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté, subit depuis deux ans une inflation élevée (10% en moyenne par an) avec des prix alimentaires qui ont parfois triplé.

La croissance, en redémarrage après le Covid, s'est essoufflée l'an passé (à 0,4%) à cause d'une grave sécheresse qui a décimé les récoltes. Le pays est même entré en récession fin 2023 et le chômage est reparti à la hausse (16,4% fin 2023 contre 15,2% un an plus tôt).

Le pays est en outre secoué par des tensions politiques depuis que le président, Kais Saied, s'est octroyé les pleins pouvoirs en juillet 2021.

- "Stagflation" -

Dans une boucherie, une quinquagénaire commande timidement 150 grammes de veau. "Mon mari est récemment décédé et je n'ai pas les moyens d'en acheter plus", murmure-t-elle au vendeur.

"Il y a de plus en plus de gens qui demandent deux dinars (environ 60 centimes) de viande hachée (moins de 100 grammes) ou 1,5 dinar de merguez. Je ne peux pas leur dire non. Les gens sont épuisés", explique Mustapha Ben Salmane, boucher de 52 ans, se disant également "fatigué de la situation".

Selon lui, "la plupart des gens traversent des difficultés financières. Les salaires ont été versés avant le ramadan et (les prochains) n'arriveront que peu de temps avant l'Aïd (vers le 10 avril). Par conséquent, la plupart des gens se retrouvent sans revenus" alors que le ramadan, d'habitude synonyme de fastes dîners en famille, n'a pas encore commencé.

Pour l'économiste Ridha Chkoundali, "économiquement parlant, nous vivons une période de stagflation, c'est-à-dire une chute de la croissance et une montée de l'inflation" qui a "un double effet sur le pouvoir d'achat des Tunisiens", faisant "baisser les revenus réels".

Parmi les causes, l'économiste cite "le choix délibéré des pouvoirs publics de préférer rembourser les dettes surtout extérieures, au détriment de l'approvisionnement du marché en denrées de base et intrants" agricoles (engrais et fourrages).

En Tunisie, c'est l'Etat qui centralise les achats de produits subventionnés et le manque d'argent dans les caisses publiques -- grevées aussi par les salaires de plus de 650.000 fonctionnaires -- provoque régulièrement des pénuries de farine, riz, sucre ou semoule.

Les banques tunisiennes sont en outre très sollicitées pour financer la dette du pays (80% du PIB), ce qui mine leur capacité à prêter au secteur privé et aux petites et moyennes entreprises (PME).

Le manque de ressources résulte aussi "du choix de rompre avec le FMI", estime l'économiste Chkoundali. Le président Saied a rejeté l'an passé un pré-accord conclu avec le Fonds monétaire international pour un nouveau prêt de deux milliards de dollars, qualifiant de "diktats" les réformes associées à son obtention.

Y.Ishikawa--JT