The Japan Times - Après un faux tube de Drake et The Weeknd, l'IA questionne à nouveau le droit d'auteur

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Après un faux tube de Drake et The Weeknd, l'IA questionne à nouveau le droit d'auteur
Après un faux tube de Drake et The Weeknd, l'IA questionne à nouveau le droit d'auteur / Photo: VALERIE MACON - AFP/Archives

Après un faux tube de Drake et The Weeknd, l'IA questionne à nouveau le droit d'auteur

Universal Music Group a obtenu cette semaine le retrait d'un morceau de rap généré par l'intelligence artificielle et imitant les voix des artistes Drake et The Weeknd, mais celui-ci n'enfreignait pas forcément le droit d'auteur, selon Andres Guadamuz, professeur de droit britannique.

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"Vous ne pouvez pas protéger la voix de quelqu'un par le droit d'auteur", explique à l'AFP M. Guadamuz, qui enseigne à l'université du Sussex, en Grande-Bretagne.

Créé par un internaute nommé @ghostwriter, le morceau "Heart On My Sleeve" était devenu viral sur le réseau social Tiktok et avait été écouté des millions de fois sur Spotify, Apple Music et d'autres plateformes, avant d'être retiré après une requête de la major.

Selon le professeur, comme une mélodie, des paroles ou d'autres éléments d'une chanson, le timbre d'une voix pourrait être protégé "mais ce serait problématique" car "les droits d'auteur protègent l'expression d'une idée, ce que n'est pas réellement la voix".

Pour autant, ce spécialiste estime qu'Universal a probablement obtenu le retrait de la chanson en s'appuyant sur le droit d'auteur, qui bénéficie de procédures éprouvées avec les plateformes de streaming.

"La plupart du temps, ces problèmes se sont pas résolus grâce à la loi mais juste parce que les maisons de disque se plaignent auprès des plateformes et qu'il est plus simple pour ces dernières de s'y plier", affirme-t-il. D'autant plus qu'Universal Music Group ou Sony sont, par exemple, actionnaires minoritaires de Spotify.

- Droit à l'image -

D'autres lois peuvent toutefois déjà protéger un musicien face à des copies réalisées par l'intelligence artificielle et, si un artiste a une personnalité ou une voix particulières, ces caractéristiques peuvent être protégées par le droit à l'image ("publicity rights" aux Etats-Unis).

En 1988, l'actrice Bette Midler avait ainsi remporté un procès contre Ford, qui avait utilisé une imitation d'elle pour une publicité. Le chanteur Tom Waits avait gagné une affaire similaire contre le géant des chips Frito-Lay en 1993.

Mais l'application de ce droit est "très aléatoire", note Andres Guadamuz, certains pays l'interprétant plus strictement que d'autres.

La bataille juridique pourrait enfin porter sur la manière dont les programmes d'intelligence artificielle sont entraînés. Dans le cas de Drake et The Weeknd, ils ont nécessairement eu besoin de nombreuses oeuvres de ces deux artistes pour pouvoir les imiter.

"Vous avez besoin de copier la musique pour entraîner des IA et cette copie non autorisée pourrait enfreindre le droit d'auteur", explique le professeur.

"Les défenseurs diront cependant qu'il s'agit d'un usage raisonnable. Ils utilisent ces copies pour entraîner la machine, lui apprendre la musique, puis ils les suppriment. Il va falloir attendre pour voir comment ces affaires seront jugées", ajoute-t-il.

Entre-temps, il sera difficile d'arrêter l'avalanche de contenus générés par l'intelligence artificielle. Cette semaine encore, un album imitant le chanteur d'Oasis Liam Gallagher s'est répandu sur les réseaux sociaux.

"Les groupes vont devoir décider s'ils veulent poursuivre cela en justice car les affaires de droits d'auteur sont coûteuses", analyse M. Guadamuz.

"Certains artistes pourraient aussi s'appuyer sur la technologie et commencer eux-mêmes à l'utiliser, particulièrement s'ils commencent à perdre leur voix", anticipe-t-il.

M.Yamazaki--JT