The Japan Times - Annie Ernaux, roman intime de la femme du XXe siècle

EUR -
AED 4.330863
AFN 77.820662
ALL 96.710083
AMD 446.915552
ANG 2.110688
AOA 1081.237111
ARS 1712.049869
AUD 1.696014
AWG 2.122385
AZN 1.999969
BAM 1.945697
BBD 2.377356
BDT 144.360427
BGN 1.98015
BHD 0.444482
BIF 3495.449829
BMD 1.179103
BND 1.499328
BOB 8.185843
BRL 6.199486
BSD 1.180371
BTN 107.939993
BWP 15.53599
BYN 3.379851
BYR 23110.412093
BZD 2.373884
CAD 1.611869
CDF 2540.966445
CHF 0.91914
CLF 0.025848
CLP 1020.643256
CNY 8.190631
CNH 8.184246
COP 4260.545962
CRC 585.66398
CUC 1.179103
CUP 31.24622
CVE 110.688288
CZK 24.29488
DJF 209.550233
DKK 7.467634
DOP 74.224166
DZD 153.244416
EGP 55.519107
ERN 17.68654
ETB 183.055348
FJD 2.630873
FKP 0.860455
GBP 0.862779
GEL 3.177673
GGP 0.860455
GHS 12.917063
GIP 0.860455
GMD 86.659259
GNF 10318.327481
GTQ 9.056973
GYD 246.958173
HKD 9.208851
HNL 31.187291
HRK 7.535522
HTG 154.698714
HUF 380.920301
IDR 19770.367994
ILS 3.656209
IMP 0.860455
INR 106.603028
IQD 1545.214033
IRR 49669.699645
ISK 145.289235
JEP 0.860455
JMD 185.330055
JOD 0.836029
JPY 183.444203
KES 152.257677
KGS 103.113012
KHR 4746.480142
KMF 492.864429
KPW 1061.192392
KRW 1711.997572
KWD 0.362196
KYD 0.983634
KZT 596.070037
LAK 25344.81143
LBP 100872.232776
LKR 365.526699
LRD 219.312992
LSL 18.995699
LTL 3.481584
LVL 0.713227
LYD 7.451607
MAD 10.799106
MDL 19.984083
MGA 5247.007079
MKD 61.632525
MMK 2476.09962
MNT 4203.059097
MOP 9.495595
MRU 47.081421
MUR 53.708211
MVR 18.216755
MWK 2048.101661
MXN 20.514553
MYR 4.64743
MZN 75.167649
NAD 18.995947
NGN 1640.332736
NIO 43.277197
NOK 11.433865
NPR 172.704717
NZD 1.963554
OMR 0.453362
PAB 1.180376
PEN 3.968887
PGK 4.997009
PHP 69.385519
PKR 329.853883
PLN 4.222543
PYG 7848.248955
QAR 4.293407
RON 5.095259
RSD 117.432769
RUB 90.142087
RWF 1713.236162
SAR 4.42191
SBD 9.501329
SCR 16.802389
SDG 709.232781
SEK 10.571829
SGD 1.500013
SHP 0.884632
SLE 28.858499
SLL 24725.192318
SOS 673.823663
SRD 44.835427
STD 24405.044418
STN 25.055931
SVC 10.328502
SYP 13040.374153
SZL 18.99502
THB 37.251404
TJS 11.024404
TMT 4.13865
TND 3.357492
TOP 2.838996
TRY 51.250288
TTD 7.991573
TWD 37.253763
TZS 3052.095081
UAH 50.834097
UGX 4216.108388
USD 1.179103
UYU 45.79223
UZS 14444.007554
VES 436.022235
VND 30680.251156
VUV 140.497995
WST 3.196289
XAF 652.59615
XAG 0.014777
XAU 0.000253
XCD 3.186584
XCG 2.127254
XDR 0.810297
XOF 650.277405
XPF 119.331742
YER 281.068604
ZAR 18.969486
ZMK 10613.339413
ZMW 23.164702
ZWL 379.670575
  • AEX

    7.8100

    1009.51

    +0.78%

  • BEL20

    73.7800

    5459.32

    +1.37%

  • PX1

    54.4500

    8181.17

    +0.67%

  • ISEQ

    231.4000

    13379.13

    +1.76%

  • OSEBX

    -3.1700

    1757.17

    -0.18%

  • PSI20

    44.1800

    8706.09

    +0.51%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.1000

    4071.19

    +1.07%

  • N150

    17.2900

    3947.76

    +0.44%

Annie Ernaux, roman intime de la femme du XXe siècle
Annie Ernaux, roman intime de la femme du XXe siècle / Photo: Julie SEBADELHA - AFP/Archives

Annie Ernaux, roman intime de la femme du XXe siècle

L'écrivaine Annie Ernaux, qui a remporté jeudi le prix Nobel de littérature, a produit, par le biais d'une oeuvre essentiellement autobiographique, une remarquable radiographie de l'intimité d'une femme qui a évolué au gré des bouleversements de la société française depuis l'après-guerre.

Taille du texte:

Prix Renaudot en 1984 pour "La Place" et finaliste du prestigieux prix Booker international en 2019, cette professeure de littérature à l'université de Cergy-Pontoise a écrit une vingtaine de récits dans lesquels elle dissèque le poids de la domination de classes et la passion amoureuse, deux thèmes ayant marqué son itinéraire de femme déchirée en raison de ses origines populaires.

Ecrivaine revendiquée de gauche, Annie Ernaux se nourrit de la sociologie bourdieusienne dont la découverte dans les années 70 lui permet d'identifier le "mal-être social" qui la ronge dès son entrée dans une école privée dans les années 50.

Née en 1940, elle vit jusqu'à ses 18 ans dans le café-épicerie "sale, crado, moche, dégueulbif" de ses parents à Yvetot en Haute-Normandie, dont elle va s'extraire grâce à une agrégation de lettres modernes obtenue à force d'un travail intellectuel intense.

Des "armoires vides" (1974) aux "Années" (2008), cette grande et belle femme blonde va suivre une trajectoire d'écriture qui la conduit d'un premier petit roman âpre et violent à cette généreuse autobiographie historique.

Dans "Les armoires vides", son héroïne décrit avec rage les deux mondes incompatibles dans lesquels elle évolue lors de son adolescence: d'un côté, l'ignorance, la crasse, la vulgarité des clients ivrognes, les petites habitudes minables de ses épiciers de parents et de l'autre "la facilité, la légèreté des filles de l'école libre" issues de la petite bourgeoisie.

- "Ecriture plate" -

Au fil des récits tous publiés chez Gallimard, l'auteure va réparer la trahison qu'elle estime avoir commise envers ses parents en leur consacrant un portrait réconcilié dans "La Place" et "Une femme" (1988).

Son style clinique, dénué de tout lyrisme fait l'objet de nombreuses thèses. Par cette "écriture plate", elle convoque l'universel dans le récit singulier de son existence. Abandonnant très rapidement le roman, elle renouvelle le récit de filiation et invente l"autobiographie impersonnelle".

Avec "Les Années", elle évoque sa vie pour tracer le roman de toute une génération, celle des enfants de la guerre marqués par l'existentialisme dans les années 50 et la libération sexuelle. A travers l'allusion à des objets, des mots, des chansons, des émissions de télévision, elle restitue une vérité de son temps.

En 2022, elle reprend ce récit avec des dizaines de films familiaux tournés par son ancien mari entre 1972 et 1981. "Les années super 8" sont présentés à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.

"Je me considère très peu comme un être singulier mais comme une somme d'expériences, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages et continuellement en dialogue avec le monde (passé et présent)", écrit-elle dans "L'écriture comme un couteau".

Dès lors, l'écriture devient un moyen d'atteindre et de dire avec authenticité l'expérience intime de sa condition féminine modelée par Simone de Beauvoir: son dépucelage raté dans "La Honte" (1997) puis dans "Mémoire de filles" (2018), son avortement illégal vécu en 1963 comme une émancipation sociale dans "L'Evénement" (2000), l'échec de son mariage dans "La femme gelée" (1981) ou encore son cancer du sein dans "L'usage de la photo" (2005).

Jugée par ses détracteurs comme une écrivaine obscène et misérabiliste, elle choque par la description crue de l'aliénation amoureuse dans "Passion simple" (1992).

- "Une femme qui écrit" -

Installée depuis 1977 à Cergy-Pontoise, elle a consacré de nombreux écrits sur cette ville nouvelle de banlieue parisienne décrivant la vie de ses semblables qu'elle croise dans les supermarchés ou le RER. Dans "Le journal du dehors" (1993), "La vie extérieure" (2000) ou "Regarde les lumières mon amour" (2014), elle fait entrer en littérature des sujets banals, toujours avec cette même rigueur d'ethnographe. En 2021, elle apparaît dans "J'ai aimé vivre là", un film documentaire consacré à Cergy.

Octogénaire, elle connaît une forte exposition médiatique avec l'adaptation au cinéma de "L'Evénement" (Prix Lumières et Lion d'Or à Venise) et de "Passion simple".

Cette auteure du XXe siècle qui affirmait en 2022 se "sentir un peu illégitime dans le champ littéraire" demeure une référence pour toute une nouvelle génération d'artistes et d'intellectuels. Véritable icône féministe pour plusieurs générations, Annie Ernaux a confié à l'AFP en mai simplement se sentir "femme. Une femme qui écrit, c'est tout".

K.Yoshida--JT