The Japan Times - "Une lutte des classes": à Porto Rico, l'opposition à la gentrification

EUR -
AED 4.245422
AFN 73.401814
ALL 95.804757
AMD 435.965634
ANG 2.068976
AOA 1059.867575
ARS 1591.163342
AUD 1.662972
AWG 2.083038
AZN 1.966265
BAM 1.94891
BBD 2.329145
BDT 141.920077
BGN 1.975617
BHD 0.436399
BIF 3432.721897
BMD 1.155799
BND 1.478337
BOB 7.991127
BRL 6.053954
BSD 1.156401
BTN 108.778233
BWP 15.76003
BYN 3.427501
BYR 22653.652921
BZD 2.326027
CAD 1.596106
CDF 2635.220696
CHF 0.915164
CLF 0.026847
CLP 1060.08668
CNY 7.976748
CNH 7.978414
COP 4279.228805
CRC 537.719801
CUC 1.155799
CUP 30.628663
CVE 110.523215
CZK 23.997735
DJF 205.408705
DKK 7.471799
DOP 69.781379
DZD 153.347817
EGP 60.718954
ERN 17.336979
ETB 181.799172
FJD 2.574194
FKP 0.863643
GBP 0.864786
GEL 3.114871
GGP 0.863643
GHS 12.656569
GIP 0.863643
GMD 84.948126
GNF 10147.912253
GTQ 8.850937
GYD 241.963368
HKD 9.036323
HNL 30.65145
HRK 7.534532
HTG 151.649086
HUF 387.012298
IDR 19497.166894
ILS 3.601295
IMP 0.863643
INR 108.589009
IQD 1514.09619
IRR 1517736.956086
ISK 143.180131
JEP 0.863643
JMD 182.16069
JOD 0.81949
JPY 184.317547
KES 149.965029
KGS 101.073668
KHR 4638.219471
KMF 493.525975
KPW 1040.235338
KRW 1738.575448
KWD 0.354391
KYD 0.963739
KZT 557.988928
LAK 24947.91342
LBP 103501.765934
LKR 363.707242
LRD 212.261977
LSL 19.579412
LTL 3.412773
LVL 0.699131
LYD 7.368225
MAD 10.780717
MDL 20.221468
MGA 4819.680415
MKD 61.615606
MMK 2427.370797
MNT 4125.586287
MOP 9.313179
MRU 46.382229
MUR 53.71034
MVR 17.85711
MWK 2007.622765
MXN 20.545711
MYR 4.582161
MZN 73.857548
NAD 19.567341
NGN 1601.717471
NIO 42.440814
NOK 11.204655
NPR 174.048174
NZD 1.990012
OMR 0.444409
PAB 1.156466
PEN 3.999644
PGK 4.980913
PHP 69.343255
PKR 322.525259
PLN 4.275473
PYG 7524.462005
QAR 4.21169
RON 5.094294
RSD 117.419875
RUB 93.618683
RWF 1687.465983
SAR 4.336132
SBD 9.294975
SCR 16.325644
SDG 694.635484
SEK 10.810057
SGD 1.481156
SHP 0.867148
SLE 28.374686
SLL 24236.531641
SOS 659.961346
SRD 43.158092
STD 23922.697853
STN 24.73409
SVC 10.119354
SYP 128.233843
SZL 19.531726
THB 37.75127
TJS 11.07381
TMT 4.045295
TND 3.395158
TOP 2.782885
TRY 51.232737
TTD 7.863504
TWD 36.902912
TZS 2970.470673
UAH 50.773748
UGX 4278.982517
USD 1.155799
UYU 46.815494
UZS 14100.743605
VES 534.0834
VND 30455.293595
VUV 138.127264
WST 3.164809
XAF 653.674182
XAG 0.016216
XAU 0.000256
XCD 3.123604
XCG 2.084312
XDR 0.811939
XOF 651.301235
XPF 119.331742
YER 275.831064
ZAR 19.578083
ZMK 10403.583014
ZMW 21.655467
ZWL 372.166684
  • AEX

    8.8700

    983.13

    +0.91%

  • BEL20

    108.2900

    5052.97

    +2.19%

  • PX1

    102.9900

    7846.55

    +1.33%

  • ISEQ

    267.3000

    12362.55

    +2.21%

  • OSEBX

    23.8700

    1980.05

    +1.22%

  • PSI20

    132.3400

    9014.42

    +1.49%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.4500

    3624.57

    +2.27%

  • N150

    55.6000

    3837.98

    +1.47%

"Une lutte des classes": à Porto Rico, l'opposition à la gentrification
"Une lutte des classes": à Porto Rico, l'opposition à la gentrification / Photo: Ricardo ARDUENGO - AFP

"Une lutte des classes": à Porto Rico, l'opposition à la gentrification

Gloria Cuevas pensait vivre toute sa vie dans une maison centenaire aux murs roses sur la côte ouest de Porto Rico, prisée des surfeurs pour ses eaux mirifiques et ses plages d'éden. Mais son propriétaire en a décidé autrement en transformant les lieux en Airbnb.

Taille du texte:

La maison a été repeinte en mauve, divisée en deux unités, et Gloria a déménagé plus au sud, loin de la gentrification qui a fait exploser le coût de la vie à Rincon comme dans d'autres villes de Porto Rico, avec les locations à court terme et les investissements étrangers.

"Avant je ne pouvais pas revenir ici, ça me rendait triste et en colère en même temps", souffle Gloria, 68 ans, devant la maison qu'elle occupait. "Le colonialisme nous tue, nous étouffe. C'est un thème global en fait: la lutte des classes", ajoute-t-elle.

Gloria n'est pas seule à se sentir dépossédée sur l'île caribéenne, où les annonces de villas de luxe se multiplient comme les logos d'Airbnb sur des maisons ou appartements où vivaient encore récemment des Portoricains.

En 2012, les lois locales ont permis aux étrangers et aux Américains continentaux de ne pas payer d'impôt s'ils achetaient une résidence sur place ce qui a contribué, selon une partie de la population, à faire grimper le prix des logements et à favoriser l'évasion fiscale.

- "Injuste" -

Ricki Ribeiro, 30 ans, a posé ses pénates il y a un peu plus d'un an à San Juan, la capitale de l'île, où il a relocalisé son entreprise d'emballage et de marketing spécialisé dans le secteur florissant du cannabis.

Cette décision, explique-t-il à l'AFP, a permis à son entreprise de sauver des millions de dollars, et à lui personnellement de ne pas payer d'impôt. L'équivalent d'un deuxième salaire qu'il dit réinvestir dans l'économie locale.

"La population locale est probablement frustrée de ne pas profiter des mêmes avantages que moi", dit l'entrepreneur dont la famille vit dans les Etats de Pennsylvanie et de l'Oklahoma. Territoire rattaché et appartenant aux Etats-Unis, Porto Rico ne jouit pas de ce statut d'Etat, et la population qui y réside ne peut pas voter à la présidentielle américaine.

Le système est "injuste, mais ce n'est pas moi qu'il faut blâmer pour ça, ce n'est pas moi qui ai créé ce programme", se défend Ricki Ribeiro.

- Méga-projet -

Dans la ville balnéaire de Cabo Rojo, à environ une heure de route au sud de Rincon, des habitants prennent les choses en main pour protester contre le projet immobilier Esencia, qui aspire à transformer huit kilomètres carrés de terrain et cinq kilomètres de plage en un complexe hôtelier et résidentiel de luxe valant 2 milliards de dollars.

Ce projet "changerait radicalement le paysage" de la ville, fait valoir Dafne Javier, 77 ans, dont l'arrière-grand-père fut le dernier maire de la municipalité sous l'occupation espagnole et le premier sous la domination américaine en 1898.

Les opposants affirment que ce vaste complexe détruirait l'habitat naturel de la faune, notamment des espèces menacées, tout en aggravant les problèmes d'eau potable, d'électricité et de ramassage des ordures pour les autres habitants de la ville.

Les investisseurs, pour qui Porto Rico est "l'un des marchés en croissance les plus prometteurs au monde", ont promis la création "de milliers d'emplois".

Mais ces emplois seront au salaire minimum, prédit Dafne Javier, qui craint l'arrivée de nouveaux riches qui "ne se mélangeront pas" à la population locale.

"Ils n'ont aucune idée de ce qu'ils détruisent, et s'ils en ont une, alors ils devraient avoir honte", déplore Christopher Powers, établi depuis 20 ans à Cabo Rojo, où il vit avec son épouse portoricaine et leurs enfants.

"Ce projet est non seulement écologiquement destructeur (...) mais il est aussi contraire à l'esprit et aux valeurs des +Caborojinos+", la population locale, dit-il sur place.

De retour à Rincon, plus au nord, Gloria Cuevas espère que son histoire et celles d'autres personnes déplacées par la gentrification permettront à la population de l'île de comprendre ce qu'elle risque de perdre.

"Nous devons continuer à nous battre. Nous devons éduquer notre jeunesse. Avez-vous entendu parler de Bad Bunny ?", lance la sexagénaire en évoquant la superstar portoricaine dont la musique et les 30 concerts locaux, cet été à San Juan, servent de caisse de résonance au débat sur les craintes d'une dilution de l'identité locale.

Pour Gloria, le message est clair: "cette île nous appartient, nous ne partirons pas"

Y.Watanabe--JT