The Japan Times - "J'ai toujours eu le choix", dit Bastien Bouillon à Venise

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"J'ai toujours eu le choix", dit Bastien Bouillon à Venise
"J'ai toujours eu le choix", dit Bastien Bouillon à Venise / Photo: Stefano RELLANDINI - AFP

"J'ai toujours eu le choix", dit Bastien Bouillon à Venise

"J'ai toujours eu le choix", affirme Bastien Bouillon: l'acteur, l'un des plus demandés du moment, présente à la Mostra de Venise "A pied d'œuvre" de Valérie Donzelli, dans lequel il incarne un photographe quittant tout pour devenir écrivain.

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"Avant, j'avais le choix: accepter un projet ou ne rien avoir dans l'assiette. Aujourd'hui, je peux choisir entre plusieurs projets", confie à l'AFP le comédien de 40 ans, César du meilleur espoir masculin en 2023 pour "La nuit du 12" de Dominique Moll.

Longtemps cantonné aux secondes rôles, ce caméléon à la riche palette émotionnelle signe une année prolifique, marquée par la sortie de "Partir un Jour", très applaudi à Cannes.

Dans "A pied d'œuvre", adaptation en lice pour le Lion d'or de l'autobiographie de Franck Courtès qui porte le même titre, il est Paul Marquet, un ancien photographe à succès qui a abandonné une vie confortable pour écrire.

Au désespoir de ses proches, malgré la solitude et sous la pression de son éditrice (Virginie Ledoyen), ce père divorcé va tenter de rester fidèle à ses choix en enchainant les petits boulots pour colmater la précarité financière.

"C'est l'histoire d'un homme qui est libre et qui décide de ne pas correspondre à ce qu'on attend de lui", résume Valérie Donzelli, qui a elle-même abandonné ses études d'architecte pour devenir comédienne.

La réalisatrice signe ici sa quatrième collaboration avec Bastien Bouillon, auquel elle voulait offrir "un vrai grand rôle" après l'avoir porté à l'écran dès 2011 pour un rôle discret dans "La guerre est déclarée".

"Les très bon acteurs, on les voit tout de suite parce que les rôles pas très écrits, ils les investissent et les incarnent très fort", souligne-t-elle.

- "Cinéma pluriel" -

Dans ce huitième long-métrage tout en délicatesse, qui sortira en France en janvier 2026, le spectateur retrouve le cinéma de Valérie Donzelli: voix off, plans en Super 8 et bande originale mêlant de simples notes de piano aux tubes de Souchon et Reggiani.

Pour sa seconde adaptation, deux ans après "L'Amour et les forêts", elle a "sélectionné tout ce qui pouvait être cinématographique" dans les nombreuses "petites scènes" du livre, dont certaines fournissent un terrain de jeu idéal à sa fantaisie poétique.

"Valérie est en constante création. Quand je vois ses films, je retrouve cette énergie, cet amour de la matière, des différents médiums du cinéma", énumère Bastien Bouillon.

Loin de se limiter au cheminement d'un homme, "A pied d'œuvre" interroge sur la dévalorisation de l'effort intellectuel, le poids des injonctions, et critique l'ubérisation du travail et les algorithmes qui réévaluent les tâches à la baisse.

Comme chez l'écrivain, le métier d'acteur est synonyme de haut et de bas, et implique des sacrifices. "On peut être (au sommet), puis on redescend", concède Valérie Donzelli.

"C'est ce que dit Paul (dans le film): achever un texte ne veut pas dire être publié. Être publié ne veut pas dire avoir du succès. Avoir du succès n'augure d'aucune fortune."

En cette année 2025, tout semble pourtant sourire à Bastien Bouillon, qui s'est construit, au fil des années, une filmographie diversifiée et enchaine désormais les tournages.

Après "Aux jours qui viennent" (Nathalie Najem), il sera en septembre à l'affiche de "Connemara" d'Alex Lutz, adaptation du roman de Nicolas Mathieu, et l'an prochain dans le nouveau film de Michel Gondry.

Après son César, il tenait pourtant à ne pas enchaîner trop de films "pour ne pas ennuyer le spectateur". Mais, "on a la chance d'avoir un cinéma pluriel. (...) On peut être goulu sans être au même endroit", nuance-t-il.

Pour choisir ses rôles, il fait "passer l'humain à un niveau quasiment égal au scénario". "Je n'extrais jamais ma partition en me disant +là, je vais m'amuser+ (...) J'essaye de voir les choses dans une globalité", explique-t-il.

S.Yamada--JT