The Japan Times - David Lynch, le sorcier de l'image

EUR -
AED 4.236995
AFN 72.682942
ALL 95.499599
AMD 434.251954
ANG 2.065235
AOA 1057.951222
ARS 1605.382781
AUD 1.64816
AWG 2.07956
AZN 1.962086
BAM 1.946619
BBD 2.31966
BDT 141.323481
BGN 1.972045
BHD 0.435048
BIF 3409.12169
BMD 1.153709
BND 1.472953
BOB 7.958466
BRL 6.13012
BSD 1.151768
BTN 107.673185
BWP 15.704931
BYN 3.49432
BYR 22612.692624
BZD 2.316375
CAD 1.582855
CDF 2624.687914
CHF 0.910144
CLF 0.027116
CLP 1070.699078
CNY 7.944902
CNH 7.968707
COP 4233.434017
CRC 537.962827
CUC 1.153709
CUP 30.573283
CVE 109.747403
CZK 24.475875
DJF 205.092729
DKK 7.470501
DOP 68.367561
DZD 152.575662
EGP 59.996458
ERN 17.305632
ETB 181.514032
FJD 2.554831
FKP 0.864812
GBP 0.866441
GEL 3.132315
GGP 0.864812
GHS 12.554788
GIP 0.864812
GMD 84.797727
GNF 10095.387511
GTQ 8.822391
GYD 240.963553
HKD 9.037878
HNL 30.485224
HRK 7.512147
HTG 151.097385
HUF 392.907233
IDR 19562.517279
ILS 3.587025
IMP 0.864812
INR 108.4608
IQD 1508.784179
IRR 1517848.149879
ISK 143.371629
JEP 0.864812
JMD 180.946608
JOD 0.81798
JPY 183.840071
KES 149.206304
KGS 100.889409
KHR 4602.294375
KMF 492.634265
KPW 1038.372085
KRW 1736.689162
KWD 0.353693
KYD 0.959773
KZT 553.718519
LAK 24732.355738
LBP 103147.330197
LKR 359.285515
LRD 210.765973
LSL 19.429067
LTL 3.406602
LVL 0.697867
LYD 7.373226
MAD 10.762342
MDL 20.057404
MGA 4802.350857
MKD 61.350654
MMK 2421.422446
MNT 4116.640054
MOP 9.296655
MRU 46.103564
MUR 53.658616
MVR 17.835848
MWK 1997.180773
MXN 20.704471
MYR 4.544428
MZN 73.7177
NAD 19.429067
NGN 1564.71816
NIO 42.380124
NOK 11.057422
NPR 172.277494
NZD 1.982693
OMR 0.4436
PAB 1.151768
PEN 3.98192
PGK 4.971553
PHP 69.395518
PKR 321.563224
PLN 4.276224
PYG 7522.521818
QAR 4.211637
RON 5.078046
RSD 116.898675
RUB 95.998092
RWF 1675.796505
SAR 4.33178
SBD 9.289271
SCR 15.803168
SDG 693.379249
SEK 10.79329
SGD 1.477088
SHP 0.86558
SLE 28.35236
SLL 24192.709325
SOS 658.195776
SRD 43.249663
STD 23879.442983
STN 24.384994
SVC 10.077472
SYP 127.728575
SZL 19.435338
THB 37.966256
TJS 11.062327
TMT 4.049518
TND 3.401557
TOP 2.777853
TRY 51.123432
TTD 7.814146
TWD 36.961029
TZS 2994.477262
UAH 50.45524
UGX 4353.467906
USD 1.153709
UYU 46.411113
UZS 14041.775313
VES 524.580585
VND 30356.386139
VUV 137.118236
WST 3.1471
XAF 652.877857
XAG 0.016971
XAU 0.000256
XCD 3.117956
XCG 2.07571
XDR 0.811971
XOF 652.877857
XPF 119.331742
YER 275.276092
ZAR 19.716207
ZMK 10384.764004
ZMW 22.487941
ZWL 371.493765
  • AEX

    -16.0300

    961.62

    -1.64%

  • BEL20

    -88.0900

    4916.79

    -1.76%

  • PX1

    -142.1000

    7665.62

    -1.82%

  • ISEQ

    -203.0200

    11881.24

    -1.68%

  • OSEBX

    -31.9800

    1966.5

    -1.6%

  • PSI20

    -190.5700

    8756.26

    -2.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -27.8400

    3634.93

    -0.76%

  • N150

    -58.3500

    3755.58

    -1.53%

David Lynch, le sorcier de l'image
David Lynch, le sorcier de l'image / Photo: Valery HACHE - AFP

David Lynch, le sorcier de l'image

Cinéaste parmi les plus influents de son époque, l'Américain David Lynch, mort à 78 ans, était un sorcier de l'image, qui a envoûté une cohorte d'admirateurs fascinés par l'inquiétante étrangeté de ses films.

Taille du texte:

Réalisateur de dix longs métrages, tous cultes, sortis entre 1977 et 2006, et d'une série diffusée en 1990 et 2017, le cinéaste à l'allure sobre - chemise boutonnée sous le menton et houpette au-dessus du front - a été nommé aux Oscars pour "Elephant Man" (1980), "Blue Velvet" (1986) et "Mulholland Drive" (2001). Il reçoit un Oscar d'honneur en 2019 pour l'ensemble de sa filmographie.

En France, dès la sortie de "Eraserhead" (1977), son premier long métrage, David Lynch fait l'objet d'une vénération. Il reçoit la Palme d'or à Cannes pour "Sailor et Lula" (1990) ainsi qu'un César du meilleur film étranger pour "Mulholland Drive".

En 1990, il crée "Twin Peaks", série mythique qui révolutionne le genre et transforme en détectives des millions de télespectateurs hantés par les mystères qu'il trousse sur deux saisons. Un quart de siècle plus tard, il reproduit le miracle avec "Twin Peaks: The Return" (2017), un ovni de 18 épisodes qui reprend l'intrigue autour de la disparition de l'agent Dale Cooper.

- Personnages égarés -

Né le 20 janvier 1946 dans le Montana (nord-ouest), il grandit dans une famille presbytérienne (protestante) de cinq enfants. Son père, scientifique au ministère de l'Agriculture et sa mère, professeure d'anglais, déménagent régulièrement au gré des affectations paternelles. David, mauvais à l'école, est un enfant sociable qui ramasse des morceaux de bois putréfiés dans les forêts où son père travaille.

Après des études en dents de scie, il trouve son bonheur aux Beaux-Arts de Pennsylvanie à Philadelphie. La ville, en plein déclin industriel, va imprégner son imaginaire. Il reproduit dans ses toiles l'ambiance "coupe-gorge" de son quartier misérable, peuplé de personnages égarés. Des nains, des clowns, une femme à la bûche: ces films seront tous ponctués par ces folles apparitions.

Avec sa première épouse (il en aura quatre), il se met à la caméra, désireux de "faire une peinture qui bouge". Il monte "L'alphabet", un court-métrage inspiré par un cousin somnambule qui récite l'alphabet en tremblant. Suit "Grand-mère": un garçon solitaire se fabrique une grand-mère à partir d'une graine. "Petit à petit, je suis tombé amoureux de ce médium", écrit-il dans son autobiographie "Mon histoire vraie". "Le cinéma est un langage. Il peut dire de grandes choses abstraites".

Sans le sou, père d'une petite Jennifer, il reste cinq ans à Philadelphie puis déménage à Los Angeles.

En 1973, sa soeur l'initie à la méditation transcendantale. "J'ai eu l'impression d'être dans un ascenseur dont le câble avait été coupé", raconte-t-il après sa première séance. "Boum! Je suis tombé en pleine félicité - un pur bonheur (...) Vous êtes emporté dans un océan de conscience pure". Dès lors, il méditera deux fois vingt minutes par jour.

- Outre-mondes -

Avec "Eraserhead" (1977), son premier long-métrage qu'il finance par des petits boulots sur cinq années, il entre de plein pied dans le malaise surréaliste. Il y raconte l'histoire d'un zombie, d'une jeune fille bizarre et de leur enfant, une créature repoussante agitée par des cris insoutenables, le tout filmé en noir et blanc dans un décor de ruines industrielles. "C'est mon film le plus spirituel", affirme-t-il, toujours avare en explications. Stanley Kubrick en raffole et le qualifie de cinéaste de l'inconscient.

Etonnament, Mel Brooks, le comique américain connu pour ses blagues de pets, produit "Elephant man" en 1980. Cette créature difforme de l'Angleterre victorienne touche le monde entier et fait de Lynch la mascotte de Hollywood. On lui confie la réalisation de "Dune", le célèbre roman de science-fiction de Frank Herbert. Le résultat fait un flop à 40 millions de dollars.

En 1986, il redevient son propre auteur et signe avec "Blue Velvet", l'un de ses plus beaux films. Derrière les façades proprettes d'une petite ville de Caroline, se déroulent des orgies sadomasochistes. Isabella Rossellini en chanteuse de cabaret envoûte et Dennis Hopper, qui ne peut atteindre l'orgasme sans inhaler un gaz euphorisant, terrorise.

Quatre ans plus tard, c'est la consécration à Cannes avec "Sailor et Lula" (1990) puis "Twin Peaks". Avec "Lost Highway" (1997) et "Mulholland Drive" (2001), il poursuit ses virées dans des outre-mondes aux contours inquiétants, faits de souvenirs en décomposition, de pulsions éclatantes et d'humour absurde.

Après l'échec commercial de son dernier film "Inland Empire" (2006), il poursuit sa vie d'artiste comme photographe, graveur, chanteur, publiciste et même décorateur. Interrogé sur la noirceur de ses films, il répondait: "La plupart des films reflètent le monde dans lequel nous vivons. Je m'entiche de certaines idées. (...) Si je vous disais (...) que mes films étaient les oeuvres d'un homme illuminé, alors là, ce serait une autre histoire. Mais je suis juste un gars originaire du Montana, je fais mon truc, je suis mon petit bonhomme de chemin, comme tout le monde".

H.Takahashi--JT