The Japan Times - Violences contre des "gilets jaunes" dans un Burger King: neuf CRS jugés à Paris

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Violences contre des "gilets jaunes" dans un Burger King: neuf CRS jugés à Paris
Violences contre des "gilets jaunes" dans un Burger King: neuf CRS jugés à Paris / Photo: Lucas BARIOULET - AFP/Archives

Violences contre des "gilets jaunes" dans un Burger King: neuf CRS jugés à Paris

Des coups de matraque qui pleuvent, au terme d'une journée de chaos en plein Paris: neuf CRS qui avaient frappé des manifestants dans un Burger King près de l'Arc de Triomphe, pendant l'acte 3 des "gilets jaunes" en décembre 2018, sont jugés depuis lundi devant le tribunal correctionnel.

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Ces neuf hommes, tous membres à l'époque de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, doivent répondre pendant trois jours de violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes, et encourent pour certains jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende.

Huit des neuf prévenus - le dernier étant absent et se faisant représenter par son avocat - se sont présentés au tribunal en uniforme, un problème soulevé dès l'ouverture de l'audience par les avocats des parties civiles qui ont observé que des dispositions réglementaires interdisaient à des fonctionnaires de police de comparaître en tenue.

"Ça établit d'ores et déjà une différence entre les parties civiles et les prévenus", a déploré Me Arié Alimi, avocat de deux victimes. "L'uniforme fait partie du narratif", a abondé Me Moad Nefati, qui défend aussi une partie civile dans le dossier.

Le tribunal a finalement demandé aux fonctionnaires de police de se démettre de leurs insignes, avant d'entamer le rappel des faits.

"Plus de sept années après les faits, je ne trouve pas que ce soit un bon signal pour la justice", a estimé en préambule le président de la dixième chambre correctionnelle, Thierry Donard.

Ce 1er décembre 2018, le mouvement des "gilets jaunes" en est à son troisième samedi de manifestations: au terme d'une journée "particulièrement violente" selon l'ordonnance de renvoi de la juge d'instruction, ils avaient matraqué et frappé à coups de pied des manifestants qui avaient forcé l'entrée d'un Burger King à proximité de la place de l'Etoile pour y trouver refuge, sans leur laisser le temps d'évacuer l'endroit.

- "Hors norme" -

Selon cette ordonnance, il s'agissait de "l'une des journées, voire la journée la plus difficile en termes de maintien de l'ordre et de gestion des manifestants".

L'acte 3 des "gilets jaunes" avait rassemblé 5.500 personnes dans la capitale, 318 avaient été placées en garde à vue et 263 blessés avaient été recensés, dont 23 du côté des forces de l'ordre.

Cette journée avait été marquée par des dégradations à l'Arc de Triomphe.

En début de soirée, alors que l'air sur la place de l'Etoile était saturé de gaz lacrymogènes et devenu irrespirable, des manifestants s'étaient introduits dans le Burger King de l'avenue de Wagram dans le 17e arrondissement, fermé mais éclairé, pour trouver un peu de répit et reprendre leur souffle.

Les CRS avaient reçu pour ordre d'entrer dans le fast-food pour déloger les occupants "le plus rapidement possible avec au besoin usage de la force pour les extraire en cas d'opposition".

Or, ceux-ci n'ont commis aucune violence ou dégradation dans les locaux, et certains ont même levé immédiatement les mains à l'entrée des forces de l'ordre pour montrer qu'ils n'étaient pas hostiles. Malgré cela, les CRS ont frappé certains des manifestants, sans sommation. L'un d'eux a reçu 27 coups de matraque de la part de six CRS différents.

Cet épisode, qui n'a duré que 2 minutes et 37 secondes, a été filmé sous différents angles par des manifestants, des journalistes ou encore des caméras de vidéosurveillance. Les vidéos ont été diffusées au tribunal.

Pendant les investigations, "les autorités hiérarchiques ont reconnu que l'intervention n'était pas légitime", observe la juge d'instruction.

Le commandant de l'unité avait demandé pendant l'enquête à être mis en examen, au même titre que ses subordonnés, soulignant qu'il avait validé le mode opératoire utilisé, dans un contexte de "guerre urbaine". Mais la juge avait estimé que sa responsabilité pénale ne pouvait être engagée, même si "les responsables hiérarchiques du commandement pour cette journée auraient pu prendre des décisions plus adaptées au contexte particulièrement violent pour la journée".

M.Saito--JT