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Le président salvadorien Nayib Bukele, connu pour sa lutte anti-gang, a posé mercredi la première pierre d'une mégaprison au Costa Rica, calquée sur son Centre de confinement du terrorisme (Cecot), décrit par des groupes de défense des droits humains comme le théâtre de mauvais traitements graves.
Lors de la cérémonie tenue dans la capitale San José, Nayib Bukele a exhorté ce pays d'Amérique centrale à ne pas hésiter à prendre des mesures fermes contre le crime organisé, comme il l'a fait.
"Le problème continuera de croître s'il n'est pas stoppé, comme un cancer (…) C'est maintenant qu'il faut s'attaquer à la criminalité", a soutenu M. Bukele, en visite à l'approche de la présidentielle au Costa Rica, pour laquelle la candidate du parti conservateur au pouvoir est favorite.
Le pénitencier en construction doit héberger les criminels les plus dangereux dans un pays qui a vu une recrudescence de la violence des gangs et de la criminalité liée à la drogue. Le gouvernement costaricien estime son coût à 35 millions de dollars et sa capacité d'accueil à 5.000 détenus.
"Tout ce que nous avons fait au Cecot sera reproduit dans sa version costaricienne", a déclaré M. Bukele.
Pour l'opposition, cette nouvelle installation est une manœuvre électorale financée par l'Etat.
La candidate Laura Fernandez représentera le parti de centre droit du président sortant Rodrigo Chaves lors de l'élection du 1er février, et les sondages la donnent en tête.
Elle cherche à gagner dès le premier tour et à obtenir une majorité écrasante de députés pour contrôler le Parlement et réformer le pouvoir judiciaire, comme l'a fait Nayib Bukele.
M. Chaves est empêché par la constitution de briguer un second mandat consécutif.
Le président salvadorien est considéré comme un héros par beaucoup en Amérique latine pour sa lutte anti-gang, qui a permis de rétablir la sécurité dans un pays traumatisé par la criminalité.
Depuis mars 2022, M. Bukele a fait adopter un régime d'exception qui autorise les arrestations sans mandat. Plus de 90.000 personnes ont été arrêtées et environ 8.000 ont ensuite été libérées après avoir été déclarées innocentes, selon des sources officielles.
K.Tanaka--JT