The Japan Times - Reza Pahlavi, l'ancien prince héritier qui se rêve acteur-clé du changement en Iran

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Reza Pahlavi, l'ancien prince héritier qui se rêve acteur-clé du changement en Iran
Reza Pahlavi, l'ancien prince héritier qui se rêve acteur-clé du changement en Iran / Photo: Blanca CRUZ - AFP

Reza Pahlavi, l'ancien prince héritier qui se rêve acteur-clé du changement en Iran

Destiné à hériter du trône du chah d'Iran, Reza Pahlavi vit en exil depuis la révolution de 1979, qui a renversé son père. Il s'érige aujourd'hui en figure de ralliement dans le mouvement de contestation secouant son pays.

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Depuis les Etats-Unis, l'homme de 65 ans multiplie les vidéos sur les réseaux sociaux, appelant les Iraniens à manifester en masse. Son nom revient dans les cortèges qui grandissent depuis le 28 décembre, où est notamment scandé le slogan "Pahlavi bar migarde!" ("Pahlavi va revenir!").

Il a montré une "capacité à faire descendre les Iraniens dans la rue", relève Jason Brodsky, de l'ONG américaine "Unis contre le nucléaire iranien".

"Il y a eu des slogans clairement pro-Pahlavi lors des manifestations. Cela signifie-t-il que tous les manifestants veulent le retour de la monarchie ? Non. Mais la nostalgie pour l'ère Pahlavi a pris de l'ampleur", ajoute-t-il.

"Il est un symbole, son nom est connu", poursuit Clément Therme, chercheur associé à l'Institut international d'études iraniennes, qui le voit comme la "principale figure populaire de l'opposition".

- "Il semble sympathique" -

Dans une interview accordée à Fox News dimanche, Reza Pahlavi s'est dit "prêt à retourner en Iran dès que possible", pour mener la transition, mais assure depuis longtemps ne pas revendiquer le trône.

Mais l'ancien prince héritier reste une figure clivante, y compris au sein de l'opposition iranienne, très divisée.

Lors des dernières manifestations d'ampleur qu'a connu l'Iran après la mort de Masha Amini en 2022, une tentative d'union de ces nombreux courants a échoué, après une visite de Reza Pahlavi en Israël non coordonnée avec le reste de l'opposition.

Reza Pahlavi prône un nouveau système politique avec pour piliers la séparation de la religion et de l'État, les libertés individuelles, en particulier pour les femmes, tout en promettant une place aux partisans de la République islamique.

Cette approche mesurée contraste avec celle de certains de ses proches qui prônent des représailles contre les opposants.

"Pahlavi compte de nombreux partisans en Iran et sa popularité a progressé ces derniers jours, car il est vu comme le seul leader de l'opposition à avoir un semblant de plan face au régime", analyse Arash Azizi, chargé de cours à l'université de Yale.

"Mais ses partisans restent minoritaires dans un pays profondément divisé, et une opposition profondément divisée", ajoute-t-il, en dénonçant l'attitude de beaucoup de membres de son entourage, qui "au lieu de chercher à unir l'opposition ont contribué à s'aliéner les autres".

Depuis des années, des comptes pro-Pahlavi sur les réseaux sociaux s'en prennent à d'autres figures de l'opposition, notamment aux soutiens de la Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, actuellement emprisonnée en Iran.

Il n'est pas non plus parvenu à s'imposer aux yeux de la communauté internationale comme un dirigeant alternatif crédible pour l'Iran.

"Il semble sympathique", a dit la semaine dernière Donald Trump, estimant qu'il n'était pas "approprié, à ce stade", de le recevoir.

- "Mur de Berlin" -

Reza Pahlavi suivait une formation aux Etats-Unis pour devenir pilote de chasse au moment où la Révolution islamique a éclaté.

Son père est mort en Égypte en 1980. Sa mère, l'ancienne impératrice Farah, troisième épouse du shah, est toujours en vie, âgée de 87 ans.

La famille a connu plusieurs tragédies.

Sa sœur cadette Leila a été retrouvée morte dans une chambre d'hôtel à Londres en 2001. Dix ans plus tard, en 2011, son frère cadet Ali Reza s'est suicidé à son domicile de Boston aux Etats-Unis.

Il lui reste une sœur Farahnaz, également installée aux États-Unis où elle mène une vie discrète, et une demi-sœur Shahnaz, dont la mère était la première épouse du shah, Fawzia.

"La fin du régime est proche, c'est pour nous un moment semblable à la chute du mur de Berlin", avait-il affirmé dans un entretien accordé à l'AFP à Paris en juin dernier.

"J'interviens pour mener cette transition. Je ne crois pas avoir besoin d'un titre pour jouer ce rôle. L'important est d'être quelqu'un qui puisse galvaniser une nation".

T.Shimizu--JT