The Japan Times - Le repreneur en série ACI Group devant la justice, des centaines d'emploi en jeu

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Le repreneur en série ACI Group devant la justice, des centaines d'emploi en jeu
Le repreneur en série ACI Group devant la justice, des centaines d'emploi en jeu / Photo: FRANCOIS NASCIMBENI - AFP/Archives

Le repreneur en série ACI Group devant la justice, des centaines d'emploi en jeu

Le groupe ACI, repreneur en série de sites industriels, joue mardi son avenir et celui de ses quelque 1.300 employés, devant la justice commerciale à Lyon.

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Son cofondateur et actionnaire majoritaire Philippe Rivière est arrivé en début d'après-midi devant le Tribunal des activités économiques (TAE) qui examine le dossier à huis clos.

Lors d'une précédente audience le 25 novembre, il s'était engagé à trouver "les fonds suffisants" pour sauver la holding et avait obtenu deux semaines pour les réunir.

Mardi, son avocat Jean-Marie Chanon a confirmé à l'AFP avoir déposé une proposition de financement, dans l'espoir d'obtenir une prolongation de la période d'observation.

Après plusieurs promesses non tenues, les juges risquent d'être méfiants et pourraient plutôt prononcer une liquidation judiciaire.

Les syndicats n'ont pas plus confiance en leur patron, qui a perdu la gestion de sa société - confiée à des administrateurs judiciaires- et fait l'objet d'une enquête pénale pour des soupçons de malversations.

"C'est la liquidation a priori qui va être annoncée", prédit Fabrice Fort, coordinateur régional de la CGT Métallurgie, venue manifester à l'appel de son syndicat devant le palais de justice.

Philippe Rivière "achetait, achetait, achetait, avec boulimie" et "siphonnait les trésoreries des entreprises qu'il rachetait pour pouvoir se repositionner en sauveur. C'était une course en avant, une fuite en avant, et qui aujourd'hui s'arrête", dit-il encore.

Derrière lire, la vingtaine de manifestants a déployé une grande banderole: "ACI, Tapie, même combat même escroquerie".

- Aides de l'Etat -

Créé en 2019 par Philippe Rivière et Patrice Rives, ACI Group a racheté, à tour de bras et au pas de charge en six ans, une kyrielle d'entreprises en difficulté, notamment spécialisées dans la fourniture de pièces pour les industries de la défense, de l'aéronautique et du nucléaire civil.

Se posant en défenseur de la souverainté industrielle française, il était parvenu à constituer un groupe d'une quarantaine d'entreprises, englobant jusqu'à 1.600 salariés dont 1.400 en France. Mais il avait dû renoncer cette année à plusieurs acquisitions et son modèle s'est effondré à partir de cet été.

Depuis le placement en redressement en septembre à la demande de Patrice Rives, contre l'avis de Philippe Rivière, au moins six entités du groupe ont déjà été liquidées, et une dizaine d'autres placées en redressement.

Selon Bercy, la holding ACI Group a réalisé un chiffre d’affaires de 120 millions d'euros en 2024 et compte à ce jour 33 entités et 1.327 salariés.

Outre la décision sur la maison-mère, "le placement en redressement ou en liquidation devrait intervenir mardi pour près d'une vingtaine" des sociétés du groupe, selon Samy Tabti, délégué syndical CGT.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure, qui suit de près ce dossier, a promis que l'Etat se pencherait sur "toutes les filiales les unes après les autres", dont certaines "vont bien" et d'autres "moins bien", pour "tenter de trouver des repreneurs".

Mais pour Fabrice Fort, outre la gestion de Philippe Rivière, il y a "le scandale des aides de l'État qui sont données sans contrepartie, sans contrôle, sans transparence".

T.Sato--JT