The Japan Times - Divorce pour manquement au "devoir conjugal": la France condamnée par la CEDH

EUR -
AED 4.276788
AFN 76.286791
ALL 96.636249
AMD 442.910615
ANG 2.084627
AOA 1067.886876
ARS 1692.643459
AUD 1.744335
AWG 2.097635
AZN 1.978078
BAM 1.955522
BBD 2.345456
BDT 142.309749
BGN 1.955701
BHD 0.439071
BIF 3447.179863
BMD 1.164544
BND 1.499874
BOB 8.046786
BRL 6.278757
BSD 1.164529
BTN 105.169034
BWP 15.561585
BYN 3.388858
BYR 22825.06798
BZD 2.342067
CAD 1.616329
CDF 2529.968312
CHF 0.931518
CLF 0.026244
CLP 1029.52717
CNY 8.126192
CNH 8.119395
COP 4283.741215
CRC 578.415208
CUC 1.164544
CUP 30.860424
CVE 110.249311
CZK 24.252275
DJF 206.962396
DKK 7.471739
DOP 74.145947
DZD 151.35086
EGP 55.09046
ERN 17.468164
ETB 181.360848
FJD 2.656436
FKP 0.866894
GBP 0.867131
GEL 3.126789
GGP 0.866894
GHS 12.548053
GIP 0.866894
GMD 85.612324
GNF 10193.549452
GTQ 8.928691
GYD 243.633239
HKD 9.080295
HNL 30.715179
HRK 7.533669
HTG 152.411114
HUF 386.79348
IDR 19632.236915
ILS 3.673998
IMP 0.866894
INR 105.122656
IQD 1525.510871
IRR 49056.428177
ISK 146.01028
JEP 0.866894
JMD 183.603873
JOD 0.825646
JPY 184.434117
KES 150.226695
KGS 101.837421
KHR 4687.312868
KMF 492.601908
KPW 1048.123187
KRW 1705.498568
KWD 0.358494
KYD 0.970454
KZT 594.425413
LAK 25171.418093
LBP 104278.688407
LKR 360.427164
LRD 209.618371
LSL 19.107799
LTL 3.438596
LVL 0.704421
LYD 6.3281
MAD 10.730573
MDL 19.907911
MGA 5399.231686
MKD 61.518813
MMK 2445.141875
MNT 4148.405657
MOP 9.352369
MRU 46.325408
MUR 54.116344
MVR 18.004214
MWK 2019.703923
MXN 20.753809
MYR 4.714086
MZN 74.398621
NAD 19.106979
NGN 1656.587773
NIO 42.853902
NOK 11.712981
NPR 168.26861
NZD 2.027577
OMR 0.447757
PAB 1.164529
PEN 3.911943
PGK 4.971293
PHP 69.35911
PKR 325.893526
PLN 4.214049
PYG 7903.875274
QAR 4.245696
RON 5.088589
RSD 117.382599
RUB 91.417574
RWF 1697.843816
SAR 4.367628
SBD 9.467996
SCR 15.9742
SDG 700.470236
SEK 10.716249
SGD 1.499815
SHP 0.87371
SLE 28.123561
SLL 24419.910525
SOS 664.405455
SRD 44.592677
STD 24103.715488
STN 24.496409
SVC 10.18955
SYP 12879.364735
SZL 19.100282
THB 36.647016
TJS 10.824267
TMT 4.075905
TND 3.409315
TOP 2.803943
TRY 50.281063
TTD 7.904841
TWD 36.760937
TZS 2923.005763
UAH 50.297443
UGX 4145.39231
USD 1.164544
UYU 45.103582
UZS 14030.003523
VES 384.251308
VND 30601.312441
VUV 140.83932
WST 3.235712
XAF 655.858039
XAG 0.012776
XAU 0.000252
XCD 3.147239
XCG 2.098801
XDR 0.81629
XOF 655.86367
XPF 119.331742
YER 277.630706
ZAR 19.148569
ZMK 10482.294377
ZMW 22.969548
ZWL 374.982785
  • AEX

    -0.4000

    996.75

    -0.04%

  • BEL20

    52.5000

    5302.37

    +1%

  • PX1

    -15.8600

    8330.97

    -0.19%

  • ISEQ

    22.0500

    12995.04

    +0.17%

  • OSEBX

    12.0200

    1729.23

    +0.7%

  • PSI20

    8.5600

    8567.52

    +0.1%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    0.8100

    4045.64

    +0.02%

  • N150

    16.7300

    3908.54

    +0.43%

Divorce pour manquement au "devoir conjugal": la France condamnée par la CEDH
Divorce pour manquement au "devoir conjugal": la France condamnée par la CEDH / Photo: Frederick FLORIN - AFP/Archives

Divorce pour manquement au "devoir conjugal": la France condamnée par la CEDH

Une femme qui refuse des rapports sexuels à son mari ne doit pas être considérée par la justice comme "fautive" en cas de divorce, a tranché jeudi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui a condamné la France.

Taille du texte:

La Cour a donné raison à la requérante, une Française de 69 ans dont le mari avait obtenu le divorce aux torts exclusifs de son épouse, au motif qu'elle avait cessé d'avoir des relations sexuelles avec lui depuis plusieurs années.

"J'espère que cette décision marquera un tournant dans la lutte pour les droits des femmes en France", a réagi celle-ci dans un communiqué transmis par l'une de ses deux avocates, Lilia Mhissen.

"Cette décision marque l'abolition du devoir conjugal et de la vision archaïque et canonique de la famille", a aussi salué Me Mhissen.

La Cour, qui siège à Strasbourg, a condamné la France pour violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, relatif au droit au respect de la vie privée et familiale.

Dans son arrêt, la CEDH rappelle que "tout acte sexuel non consenti est constitutif d'une forme de violence sexuelle".

Constatant que le refus de se soumettre au devoir conjugal peut, dans les conditions prévues à l'article 242 du code civil, être considéré comme une faute justifiant le prononcé du divorce, la Cour souligne que "l'existence même d'une telle obligation matrimoniale est à la fois contraire à la liberté sexuelle et au droit de disposer de son corps et à l'obligation positive de prévention qui pèse sur les États contractants en matière de lutte contre les violences domestiques et sexuelles".

"La Cour ne saurait admettre, comme le suggère le gouvernement, que le consentement au mariage emporte un consentement aux relations sexuelles futures. Une telle justification serait de nature à ôter au viol conjugal son caractère répréhensible", insiste la CEDH.

- "Vision archaïque de la famille" -

La requérante, qui souhaite conserver l'anonymat, avait demandé le divorce en 2012.

En juillet 2018, le juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Versailles avait estimé que le divorce ne pouvait pas être prononcé pour faute et que les problèmes de santé de l'épouse étaient de nature à justifier l'absence durable de sexualité au sein du couple.

Mais en 2019, la cour d'appel de Versailles avait prononcé le divorce aux torts exclusifs de l'épouse, retenant comme une "faute" son refus des "relations intimes avec son mari".

La requérante avait formé un pourvoi en cassation, qui avait été rejeté.

L'épouse avait saisi la CEDH en 2021, soutenue par le Collectif féministe contre le viol (CFCV) et la Fondation des femmes. "Il m'était impossible de l'accepter et d'en rester là", a-t-elle expliqué jeudi dans un communiqué.

"La décision de la Cour d'appel me condamnant était et est indigne d'une société civilisée car elle m'a refusé le droit de ne pas consentir à des relations sexuelles, me privant de ma liberté de décider de mon corps. Elle a conforté mon époux et tous les époux dans +un droit à imposer leur volonté+".

Se réjouissant de la décision de la CEDH, la sexagénaire, mère de quatre enfants, a estimé que "cette victoire est pour toutes les femmes qui comme moi, se retrouvent confrontées à des décisions judiciaires aberrantes et injustes, remettant en cause leur intégrité corporelle et leur droit à l'intimité".

L'une de ses avocates, Delphine Zoughebi a affirmé que "désormais, le mariage n'est plus une servitude sexuelle. Cette décision est d'autant plus fondamentale que près d'un viol sur deux est commis par le conjoint ou le concubin".

Y.Kato--JT