The Japan Times - Le chemin de croix des Ukrainiens oubliés dans les prisons occupées par la Russie

EUR -
AED 4.304906
AFN 76.775348
ALL 96.432215
AMD 446.823225
ANG 2.09848
AOA 1074.78981
ARS 1728.519534
AUD 1.750732
AWG 2.111193
AZN 1.997174
BAM 1.955027
BBD 2.360466
BDT 143.293309
BGN 1.953496
BHD 0.441912
BIF 3470.503111
BMD 1.172071
BND 1.507704
BOB 8.098496
BRL 6.357554
BSD 1.171736
BTN 105.597223
BWP 16.373522
BYN 3.442038
BYR 22972.597424
BZD 2.356568
CAD 1.609482
CDF 2573.868993
CHF 0.928637
CLF 0.027071
CLP 1062.002545
CNY 8.197291
CNH 8.170257
COP 4427.053938
CRC 582.969362
CUC 1.172071
CUP 31.059889
CVE 110.614276
CZK 24.132304
DJF 208.300972
DKK 7.469529
DOP 73.840912
DZD 152.042308
EGP 55.905813
ERN 17.581069
ETB 181.910005
FJD 2.675546
FKP 0.869721
GBP 0.870737
GEL 3.15333
GGP 0.869721
GHS 12.274144
GIP 0.869721
GMD 86.733693
GNF 10250.944451
GTQ 8.988844
GYD 245.143015
HKD 9.131221
HNL 31.001741
HRK 7.534313
HTG 153.369323
HUF 383.047556
IDR 19579.216604
ILS 3.734834
IMP 0.869721
INR 105.535351
IQD 1535.413399
IRR 49373.503804
ISK 147.400138
JEP 0.869721
JMD 186.196336
JOD 0.831045
JPY 183.80364
KES 151.197609
KGS 102.490021
KHR 4705.866669
KMF 493.442427
KPW 1054.886118
KRW 1691.100079
KWD 0.360201
KYD 0.976414
KZT 594.504798
LAK 25316.740427
LBP 105332.91877
LKR 363.016381
LRD 209.390984
LSL 19.343595
LTL 3.460822
LVL 0.708975
LYD 6.353073
MAD 10.703946
MDL 19.722197
MGA 5368.086947
MKD 61.55428
MMK 2461.17333
MNT 4173.194114
MOP 9.405379
MRU 46.555116
MUR 54.091534
MVR 18.120666
MWK 2035.888247
MXN 20.988562
MYR 4.751622
MZN 74.899727
NAD 19.343545
NGN 1681.078862
NIO 42.902172
NOK 11.792597
NPR 168.955157
NZD 2.031967
OMR 0.450662
PAB 1.171736
PEN 3.940797
PGK 4.988926
PHP 68.927214
PKR 328.239006
PLN 4.209553
PYG 7691.956855
QAR 4.267557
RON 5.091013
RSD 117.304457
RUB 94.118201
RWF 1703.019595
SAR 4.395305
SBD 9.544713
SCR 17.522902
SDG 705.005194
SEK 10.800173
SGD 1.50764
SHP 0.879357
SLE 28.130108
SLL 24577.75336
SOS 669.843039
SRD 44.686981
STD 24259.509448
STN 24.672101
SVC 10.252944
SYP 12959.829106
SZL 19.343453
THB 36.878096
TJS 10.820919
TMT 4.10225
TND 3.368577
TOP 2.822067
TRY 50.425207
TTD 7.965848
TWD 36.790502
TZS 2895.016496
UAH 49.608673
UGX 4245.320437
USD 1.172071
UYU 45.761895
UZS 14100.018096
VES 352.353653
VND 30825.475114
VUV 142.036818
WST 3.253076
XAF 655.697588
XAG 0.016175
XAU 0.000271
XCD 3.167582
XCG 2.112164
XDR 0.813009
XOF 652.844101
XPF 119.331742
YER 279.426003
ZAR 19.337188
ZMK 10550.052361
ZMW 25.865767
ZWL 377.406479
  • AEX

    16.2700

    967.59

    +1.71%

  • BEL20

    34.0300

    5112.5

    +0.67%

  • PX1

    46.4500

    8195.21

    +0.57%

  • ISEQ

    45.8500

    13145.49

    +0.35%

  • OSEBX

    9.1100

    1696.95

    +0.54%

  • PSI20

    137.1700

    8400.46

    +1.66%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    1.6800

    4212.54

    +0.04%

  • N150

    31.1100

    3825.09

    +0.82%

Le chemin de croix des Ukrainiens oubliés dans les prisons occupées par la Russie
Le chemin de croix des Ukrainiens oubliés dans les prisons occupées par la Russie / Photo: Vano SHLAMOV - AFP

Le chemin de croix des Ukrainiens oubliés dans les prisons occupées par la Russie

Parmi les Ukrainiens en captivité aux mains de l'armée russe, souvent des prisonniers de guerre, l'époux de Ioulia sort du lot: il était déjà incarcéré pour agression quand les soldats russes ont envahi la région de Kherson en 2022.

Taille du texte:

Lorsque les forces ukrainiennes ont libéré ce territoire du sud de l'Ukraine quelques mois plus tard, les Russes l'avaient déjà transféré en Russie, au grand désespoir de Ioula, mais dans l'indifférence générale.

"J'ai eu très peur et j'ai commencé à pleurer. Comment cela pouvait-il arriver ? Pourquoi l'emmener ? Ce n'était pas légal, n'est-ce pas ?", témoigne Ioulia.

Agée de 32 ans, elle refuse de donner son nom de famille pour préserver la sécurité de Iouri, père de leur fille de cinq ans, Nastia.

Quelque 3.000 Ukrainiens se trouvaient dans les 11 centres pénitentiaires qui sont passés sous le contrôle des forces russes depuis 2022, selon le ministère ukrainien de la Justice et des ONG.

Environ les deux tiers ont été transférés en Russie.

Depuis, les autorités russes remettent en liberté ceux qui ont purgé leur peine, mais leur retour est semé d'embûches.

Leurs récits mettent en lumière le traitement réservé en temps de guerre à une population souvent traitée comme paria et dont le seul soutien est celui des familles et de rares mouvements citoyens.

- "On vous tirera dessus" -

Selon Ioulia, Iouri ne parle jamais de ses conditions de détention en Russie afin qu'elle ne se fasse pas de mauvais sang.

Mais d'anciens prisonniers et des ONG dressent un sinistre tableau: mauvais traitements, accès limité aux médicaments, pressions exercées pour prendre la nationalité russe ...

"Ils nous battent juste parce que nous sommes ukrainiens", explique Iouri Patsoura, un autre prisonnier incarcéré pour vol dans la région de Kherson.

Un rapport réalisé par l'Institut danois contre la torture et un groupe d'ONG a établi, à partir d'une centaine d'entretiens, "la nature systématique et répandue de la torture physique et psychologique et d'autres mauvais traitements à l'encontre des détenus".

Le transfert forcé de prisonniers civils vers la Russie constitue vraisemblablement un crime de guerre, selon ce rapport.

"Ils nous ont forcés sous la menace d'une arme. Aux récalcitrants, ils disaient: +si vous résistez et refusez de monter dans la voiture qui vous emmènera en Russie, on vous tirera dessus tout simplement", se remémore M. Patsura.

Les services pénitentiaires russes et la médiatrice russe pour les droits humains n'ont pas répondu aux demandes de commentaires de l'AFP.

- "Tout le monde se tait..." -

La vice-ministre ukrainienne de la Justice, Olena Vysotska, admet que le retour des criminels de droit commun a été relégué au second plan par rapport aux autres rapatriés.

L'ordre des priorités ? "Les enfants, les prisonniers de guerre puis les prisonniers civils", dit-elle.

La Cour pénale internationale (CPI) a émis l'an dernier un mandat d'arrêt contre le président russe Vladimir Poutine pour des soupçons de crimes de guerre liés à la déportation d'enfants ukrainiens vers la Russie, ce que le Kremlin réfute.

Avocate de l'ONG Protection des prisonniers d'Ukraine, Hanna Skrypka dit préparer une plainte similaire auprès de la CPI afin d'attirer l'attention sur ces criminels "impopulaires".

Pour elle, les autorités ukrainiennes manquent à leurs obligations envers ces prisonniers.

"Tout le monde est au courant et tout le monde se tait... Ils ont simplement clos le sujet", affirme-t-elle.

Dans le petit bureau qu'elle partage avec un collègue à Kiev, le téléphone ne cesse de sonner. Au bout du fil: des familles et d'ex-prisonniers en quête de conseils.

- "Personne pour vous" -

Forte de six membres, l'ONG a mis en place un réseau de volontaires, y compris en Russie, prêts à intervenir à chaque fois que des prisonniers ukrainiens sont relâchés.

A moins d'avoir accepté un passeport russe, les détenus libérés ont devant eux un défi colossal: convaincre les autorités de leur identité.

Beaucoup passent des semaines à attendre, une nouvelle fois enfermés, des documents permettant leur transfert vers la Géorgie voisine, qui entretient des liens étroits tant avec la Russie qu'avec l'Ukraine.

Ils doivent ensuite patienter plusieurs autres semaines dans une zone tampon à la frontière russo-géorgienne, le temps que les autorités ukrainiennes vérifient leur identité.

"Quand il s'agissait de les écrouer pour leurs crimes, aucun problème pour les identifier. Mais quand il s'agit de confirmer qu'ils sont bien ukrainiens pour qu'ils puissent rentrer en Ukraine, alors là, ils ne peuvent pas", déplore M. Patsoura.

Puis vient le moment d'entrer en Géorgie où il faut de nouveau attendre que les autorités délivrent des documents de voyage.

"C'est si dur quand il n'y a personne pour vous, quand personne ne vous dit rien", note M. Patsoura.

- "Vivre comme une personne normale"-

Jusqu'à récemment, quand des prisonniers avaient fini leur peine dans les territoires ukrainiens occupés, ils pouvaient essayer de regagner leur pays via un unique point de passage entre la Russie et l'Ukraine, grâce a l'aide de bénévoles.

"Ils sont jetés (...) à la rue dans leur combinaison de prisonnier", explique Olga Romanova, qui supervise l'organisation russe de défense des droits des prisonniers "Rus Sidiachtchaïa" depuis son exil à Berlin.

Le point de passage est fermé depuis que les troupes ukrainiennes ont pénétré en Russie le 6 août.

Après deux ans dans une prison sous contrôle russe à Melitopol, Anna Pritkova est parvenue à retourner en Ukraine en empruntant le couloir humanitaire alors encore ouvert.

"Maintenant, je vais rentrer à la maison pour retrouver mes enfants", a-t-elle confié à l'AFP un beau jour de juin dans la gare de Kiev. "Je vais trouver un travail et vivre comme une personne normale".

Nombreux sont ceux qui espèrent faire de même.

Ioulia, elle, est condamnée à une attente angoissante: Iouri a encore plusieurs années à purger.

"C'est vraiment difficile de toujours se demander ce qu'il vit, d'espérer que tout va bien... S'il est encore en vie, s'ils ne l'ont pas tué".

S.Yamada--JT