The Japan Times - Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah

EUR -
AED 4.323624
AFN 75.940287
ALL 95.687478
AMD 441.242259
ANG 2.107224
AOA 1080.758104
ARS 1599.419799
AUD 1.640802
AWG 2.120604
AZN 2.006077
BAM 1.955544
BBD 2.375189
BDT 144.991026
BGN 1.96385
BHD 0.444942
BIF 3506.541132
BMD 1.177296
BND 1.500804
BOB 8.148934
BRL 5.863881
BSD 1.179346
BTN 109.436679
BWP 15.822929
BYN 3.349562
BYR 23075.00039
BZD 2.37179
CAD 1.622138
CDF 2719.554043
CHF 0.92023
CLF 0.026581
CLP 1046.173097
CNY 8.02651
CNH 8.025203
COP 4252.443522
CRC 537.829619
CUC 1.177296
CUP 31.198342
CVE 110.250573
CZK 24.292918
DJF 210.002519
DKK 7.478542
DOP 70.700748
DZD 156.180562
EGP 61.111103
ERN 17.659439
ETB 184.137404
FJD 2.6116
FKP 0.868551
GBP 0.870523
GEL 3.183245
GGP 0.868551
GHS 13.031295
GIP 0.868551
GMD 86.535785
GNF 10346.646031
GTQ 9.01882
GYD 246.727713
HKD 9.228882
HNL 31.3339
HRK 7.540232
HTG 154.429791
HUF 361.795271
IDR 20179.264435
ILS 3.484549
IMP 0.868551
INR 109.021729
IQD 1544.897834
IRR 1555796.58282
ISK 143.712969
JEP 0.868551
JMD 186.4556
JOD 0.834749
JPY 186.754908
KES 151.993381
KGS 102.954982
KHR 4717.38268
KMF 492.110114
KPW 1059.585206
KRW 1727.223095
KWD 0.363031
KYD 0.982771
KZT 552.967638
LAK 26018.595189
LBP 105605.880343
LKR 372.771219
LRD 216.991604
LSL 19.329071
LTL 3.476249
LVL 0.712135
LYD 7.457024
MAD 10.880676
MDL 20.272347
MGA 4891.359913
MKD 61.631935
MMK 2472.335396
MNT 4209.431325
MOP 9.512755
MRU 47.136832
MUR 54.497475
MVR 18.20144
MWK 2044.932399
MXN 20.380292
MYR 4.653267
MZN 75.294007
NAD 19.329071
NGN 1580.496695
NIO 43.394321
NOK 11.029737
NPR 175.099086
NZD 2.013677
OMR 0.452675
PAB 1.179346
PEN 4.057269
PGK 5.112331
PHP 70.124501
PKR 328.817071
PLN 4.231614
PYG 7513.016842
QAR 4.299437
RON 5.098167
RSD 117.334646
RUB 89.63827
RWF 1723.174504
SAR 4.416574
SBD 9.460335
SCR 17.72868
SDG 707.555258
SEK 10.789215
SGD 1.495288
SHP 0.87897
SLE 28.990957
SLL 24687.302663
SOS 674.011798
SRD 44.391165
STD 24367.648971
STN 24.496794
SVC 10.31865
SYP 130.205456
SZL 19.323471
THB 37.700592
TJS 11.120745
TMT 4.126422
TND 3.422652
TOP 2.834646
TRY 52.775238
TTD 8.009952
TWD 37.061709
TZS 3060.299527
UAH 51.917706
UGX 4367.428475
USD 1.177296
UYU 46.913861
UZS 14311.127236
VES 564.698282
VND 31004.088534
VUV 138.303874
WST 3.196656
XAF 655.871172
XAG 0.014569
XAU 0.000243
XCD 3.181702
XCG 2.125422
XDR 0.815693
XOF 655.871172
XPF 119.331742
YER 280.907036
ZAR 19.209
ZMK 10597.080419
ZMW 22.436064
ZWL 379.088812
  • AEX

    7.0100

    1023.68

    +0.69%

  • BEL20

    88.8300

    5572.1

    +1.62%

  • PX1

    162.7700

    8425.13

    +1.97%

  • ISEQ

    401.7000

    12994.09

    +3.19%

  • OSEBX

    -49.0200

    1968.36

    -2.43%

  • PSI20

    -47.0900

    9185.28

    -0.51%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    49.4300

    4168.91

    +1.2%

  • N150

    16.9000

    4138.84

    +0.41%

Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah
Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah / Photo: JOEL SAGET - AFP

Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah

Dans la prison téhéranaise d'Evin, où est enfermée la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, la plupart des détenues politiques entonnent souvent, ensemble, des chants révolutionnaires depuis le début du mouvement "Femme vie liberté", raconte l'ancienne "otage d'Etat" Fariba Adelkhah.

Taille du texte:

La contestation née en septembre 2022 de la mort de Mahsa Amini, jeune kurde de 22 ans trois jours après son arrestation pour non-respect du strict code vestimentaire de la République islamique, "a changé la société iranienne, mais aussi ses prisons", estime la chercheuse franco-iranienne, interrogée par l'AFP.

Des manifestations de grande ampleur, réprimées dans le sang, se sont tenues des mois durant contre les dirigeants politiques et religieux iraniens. Des centaines de protestataires ont été tués, des milliers d'autres arrêtés, selon les ONG.

Dans le quartier des femmes d'Evin sont enfermées des militantes des droits humains, des écologistes, des syndicalistes, des opposantes politiques, des représentantes de minorités religieuses... aux positions souvent divergentes. Mais "nous sommes devenues unies par cette cause", raconte Fariba Adelkhah, 64 ans, une anthropologue spécialiste de l'Iran.

Elle-même a été arrêtée le 5 juin 2019, à l'aéroport de Téhéran, où elle attendait son compagnon Roland Marchal, venu la retrouver. Des agents joliment vêtus, "endimanchés", l'invitent alors "très respectueusement" à les suivre, raconte-t-elle. Quelques heures plus tard démarre son premier interrogatoire, la tête "face à un mur".

De nombreux autres suivront, durant lesquels aucun coup ne lui sera jamais porté, assure-t-elle. "Que des interrogateurs vous frappent pour obtenir des réponses, ça arrive très souvent chez les hommes, mais je ne l'ai jamais entendu dire à propos des femmes durant ma détention."

La Nobel de la paix Narges Mohammadi a pour sa part énoncé les violences sexuelles contre les femmes en prison.

- "Humiliations psychologiques" -

"L'absence de violences physiques n'empêche pourtant pas des humiliations psychologiques constantes", s'empresse d'ajouter Fariba Adelkhah.

Elle est finalement condamnée à six ans de prison, cinq pour "collusion avec l'étranger" et un pour "propagande contre la République islamique".

Mme Adelkhah sera graciée en février dernier après plus de trois ans et demi d'enfermement ou d'assignation à résidence avec bracelet électronique. Huit mois après cette décision, Téhéran lui rendra son passeport, permettant son retour en France.

Roland Marchal, chercheur spécialiste de l'Afrique, arrêté le même jour qu'elle, a été libéré en mars 2020 dans le cadre d'un échange de détenus entre Téhéran et Paris.

"Je ne peux toujours pas comprendre ce qui m'était reproché", soupire la Franco-iranienne dans un sourire chaleureux que des années "passées derrière un mur" n'ont pas réussi à éroder, malgré une grève de la faim de 50 jours dont elle est ressortie exsangue.

Paris a plusieurs fois utilisé le terme d'"otages d'Etat" pour désigner son cas et celui des autres Français détenus par Téhéran.

Dans son travail en Iran, la chercheuse dit s'être astreinte à respecter "trois lignes rouges" : "la révolution", "l'Islam" et "le statut du guide suprême", trois questions extrêmement sensibles, qui ont pu lui valoir des accusations de complaisance envers Téhéran, qu'elle réfute.

Mais "le régime criminalise des actions qui ne sont pas criminelles", observe la sexagénaire. A la fin, on devient à ses yeux toutes des opposantes."

- "Comme tu es belle" -

"Femme vie liberté", qui a mis Téhéran en grande difficulté, a transcendé ses codétenues, dit-elle. A Evin, les prisonnières sont têtes nues quand elles sont entre elles, mais sont tenues de se couvrir si un homme rentre dans leurs quartiers, ou si elles doivent aller à l'hôpital. Après le démarrage du mouvement, presque "plus personne ne portait le voile" lors d'une irruption masculine, se souvient-elle.

Mercredi soir, la famille de la Nobel de la paix 2023 Narges Mohammadi a assuré que celle-ci était privée de soins urgents, malgré des troubles cardiaques et pulmonaires, en raison de son refus de se couvrir la tête.

Dans un message publié sur le site officiel du Nobel mardi, Mme Mohammadi avait notamment décrit le hijab obligatoire comme "la source principale de contrôle et de répression dans la société, visant à maintenir et à perpétuer un gouvernement religieux autoritaire".

Arrêtée à 13 reprises, condamnée cinq fois à un total de 31 ans de prison et 154 coups de fouet, et à nouveau incarcérée depuis 2021, Narges Mohammadi a fait de la prison "un espace de combat, de contestation par excellence", dans lequel elle est "plus entendue que quand elle est à l'extérieur", observe Fariba Adelkhah.

La chercheuse était encore en Iran début octobre quand son ex-codétenue s'est vue décerner le prix Nobel de la paix. Elle se souvient de "sourires" dans la rue, d'une certaine "légèreté" sur les visages.

"Maintenant, quand des femmes qui ne portent pas le voile se rencontrent dans la rue, ce qui était impensable avant, elles se disent: +Mais comme tu es belle!+", se réjouit-elle.

Au quotidien, les manifestations massives de "Femme vie liberté" sont devenues très rares, mais "la République islamique est obligée de céder sur bien des choses", dit-elle. Dans les rues d'Iran, comme dans ses prisons.

K.Okada--JT