The Japan Times - Incomprises ou castratrices ? A Cannes, les femmes font leur cinéma

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Incomprises ou castratrices ? A Cannes, les femmes font leur cinéma
Incomprises ou castratrices ? A Cannes, les femmes font leur cinéma / Photo: Valery HACHE - AFP

Incomprises ou castratrices ? A Cannes, les femmes font leur cinéma

Il y a celles qui sont opprimées, en quête d'émancipation, incomprises... Mais aussi celles qui sont radicalisées, "castratrices" et prédatrices: au 76e Festival de Cannes, les femmes s'affichent dans toute leur "complexité".

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"J'ai fait un film sur les femmes, car c'est ce que je connais le mieux", a dit à l'AFP la réalisatrice franco-tunisienne Kaouther Ben Hania, en lice pour la Palme d'or.

"Les filles d'Olfa", son cinquième long-métrage revient sur l'histoire vraie de deux jeunes Tunisiennes radicalisées qui ont rejoint l’État islamique en Libye, avant d'être capturées et emprisonnées.

Film-documentaire choral, il n'est presque entièrement composé que de femmes. En toile de fond ? Une société qui les étouffe, et les oppresse. "J’avais envie de montrer ce que fait une société qui prive les femmes de liberté, pas seulement en Tunisie d'ailleurs", a-t-elle expliqué.

Et de souligner le rôle des mères qui ont "intériorisé" les préceptes de la société patriarcale. Une mère et ses filles, c'est aussi l'un des sujets du film de la Française Catherine Corsini, "Le retour" (lui aussi en compétition), entaché d'une controverse sur les conditions de tournage. Habituée à filmer les femmes, la cinéaste livre ici un récit d'émancipation de jeunes filles métisses.

- Joug -

Se délivrer du joug des talibans - de nouveau au pouvoir en Afghanistan depuis août 2021 - c'est le thème du documentaire "Bread and Roses", co-produit par l'actrice américaine Jennifer Lawrence.

Ces derniers ont multiplié les mesures liberticides à l'encontre des femmes, dont leur interdire l'accès à l’éducation. "J'ai voulu montrer la résilience des femmes afghanes", a dit sa réalisatrice Sahra Mani à l'AFP, confiant que la réalité était encore plus "dure".

Même combat ou presque pour Banel, l’héroïne du premier long-métrage de la Franco-Sénégalaise Ramata-Toulaye Sy, benjamine de la compétition. Celle-ci ne veut vivre que comme elle l'entend. Là encore, c'est "un personnage qui pourrait exister partout dans le monde", avait souligné sa réalisatrice à l'AFP.

Des vies empêchées, encore, avec "Goodbye Julia" premier long-métrage du Soudanais Mohamed Kordofani. Il traite de façon frontale la misogynie qui gangrène son pays. "J'ai mis du temps à appréhender cette réalité", a-t-il confié à l'AFP.

"J'ai ensuite pris conscience que j'étais moi-même membre de cette société et que j'en avais intériorisé les codes".

Des femmes contemporaines, mais pas que. Plusieurs films reviennent sur des figures historiques. Comme celui de la Française Maïwenn, présenté en ouverture du festival - malgré la polémique autour de la présence de Johnny Depp -, sur Jeanne du Barry, courtisane et dernier amour du roi Louis XV.

Dans celui du Brésilien Karim Aïnouz, c'est Catherine Parr, la dernière épouse d'Henry VIII, qui est au centre du film. Film qui a fait l'objet d'une réécriture féministe assumée.

- "Côté obscur" -

Des portraits où est aussi présente la question du désir et de la sexualité des femmes. Comme "Creatura", de l'Espagnole Elena Martín Gimeno. Ou encore la sulfureuse série "The Idol", avec Lily-Rose Depp en popstar qui tente de revenir sous le feu des projecteurs.

Le côté obscur de la sexualité féminine est le sujet de "May December" de Todd Haynes. Au cœur du film, le déni d'une relation interdite entre un mineur et une adulte. Julianne Moore y joue une femme dont la vie a été chamboulée, des années plus tôt, par la révélation dans la presse qu'elle entretenait une liaison avec un adolescent de 13 ans.

"Tout l'éventail des comportements humains devrait être accessible aux femmes parce qu'elles sont tout simplement des êtres humains", a assuré l'actrice Natalie Portman.

"Cela me rend toujours folle quand les gens disent +Oh, si les femmes dirigeaient le monde, il serait plus doux+. Non, les femmes sont des êtres humains et ne sont pas dépourvues de complexité".

"Castratrice" ou victime ? La question est aussi posée dans "Anatomie d'une chute", en lice pour la Palme d'or, portrait d'une femme prise dans la tourmente, après la mort de son mari.

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H.Nakamura--JT